Voyage à Tours

Publié le par Lartemizia

La vie est pleine de grandes et de petites joies ! Je vous raconte.

Un dimanche, je téléphone à ma sœur pour quelle donne des conseils à ma fille aînée. Et oui, Julie est en terminale et ne sait pas très bien ce quelle a envie de faire l’année prochaine.
Nous en profitons pour renouer le lien un peu distendu. Deux heures de conversation à bâton rompu, merci la téléphonie illimitée.

Le soir même, je retrouve un de mes amis sur msn. Nous n’habitons pas tout à coté et là encore, l’Internet a du bon. Il est régisseur lumière et me raconte son travail sur sa dernière pièce, « Le cocu magnifique ». Il est à ce moment là à Bruxelles et doit la suivre dans sa tournée qui passe par Tours. Tours ? Mais j’ai une sœur qui y habite. Il me propose de me donner des places mais je lui réponds que ce n’est pas vraiment la porte à coté. Je préviens ma sœur par mail qui m’invite illico. Je vais vérifier les tarifs des trains et suis obligée de refuser son invitation, c’est vraiment top cher pour moi… Fin du petit rêve ? Et bien non ! Ma sœur me propose de financer une bonne partie du billet. Elle est pas belle la vie ? J’ai vraiment été énormément touchée par son geste.

Me voilà donc partie pour quelques heures de voyage.  Départ de Nîmes à 10h26, c’est pas trop tôt. Sauf qu’il me faut bien deux heures pour rallier la gare en voiture.  TGV de Nîmes à Lyon où j’arrive à 11h49. Le TER que je prends, ne part qu’à 12h39. J’ai le temps de le trouver et même d’aider une vielle dame un peu perdu qui rentrait dans ses Vosges natales. Il n’arrive à Tours qu’à 17h55 … Comptez. Oui, comptez !! Plus de cinq heures de tortillard, j’ai le temps de m’étaler,
 
de m’ennuyer,

de m’endormir,

de jouer avec mon appareil photographique, de lire, d’écrire, 

d’aller faire pipi (plusieurs fois)
 
D'y faire l'andouille tranquillement

et de regarder passer les gares… 


Mais, pas de retard ! C’était la première fois que je montais dans un TER et je dois avouer que je le trouve plutôt pas mal fichu. J’ai même été surprise par le rangement des vélos. (photographie vélo)

Oui, je sais, je ne sors pas souvent et un rien m’émerveille. Mais j’adore m’émerveiller, alors pourquoi se priver ?
Bref, j’arrive à Tours à l’heure dite et suis toute émue de retrouver sœur et nièces. Enfin, c’est surtout par les nièces que je suis émue, parce que ma sœur, en quelques années, elle n’a pas changé d’un pouce  (et quand on est dans nos âges, c’est plutôt bon signe). Par contre les filles, je ne vous raconte pas. Heureusement que les blogs existent, sans eux, je ne les aurais sûrement pas reconnues. Merci Internet !!!

Pour voir la tête des gens, les photographies c’est pratique, mais s’il y a bien un truc qui ne passe pas par blog interposé, c’est bien les gens en vrai de vrai pour de vrai dans la vraie vie ! Et bien, les filles d’Akynou, elles sont épatantes ! Oui, épatantes, charmantes, vives, drôles, belles et j’en passe. Je n’ai pas fait grand photographies, trop occupée à découvrir ces merveilles. La veille du départ seulement, nous sommes allées chercher Lou à son cours d’escrime qui m’a fort impressionné.



La petite Léone se chargeant de je ne sais pas trop quelle tâche revenant avec le fleuret de sa sœur (enfin je crois).


Juste avant, nous avions récupéré des phasmes pour Garance qui en était absolument ravie.

Elle a tout appris sur ces insectes pour savoir s’en occuper. Son seul souci était de trouver des ronces pour les nourrir. Chez moi, cela ne serait pas un problème, mais le jardin public le plus proche est beaucoup trop bien entretenue. Mais il paraît que le long des voies ferrées …

Un soir, nous avons laissé les filles toutes seules (elles se gèrent très bien), pour aller assister à la pièce de théâtre. J’ai de la chance, moi qui n’y vais vraiment pas souvent, j’ai adoré !!! 
Deux heures et demi de spectacle que l’on ne voit pas passer. Je n’ai pas le talent d’Akynou pour vous en parler, je vais donc me contenter de quelques liens Ici ; Ici ; ou avec photos. Elle tourne encore, vous pouvez aller voir

A la sortie, nous avons brièvement discuté avec le metteur en scène qui nous racontait comment, malgré des critiques unanimes, des salles pleines et des spectateurs heureux, il avait un mal fou à placer sa pièce. La seule raison ? Il ne fait pas parti de la coterie, la petite bande de lécheurs de « cul ». Cela m’a fortement rappelé le système en art contemporain. Un petit groupe qui décide de ce qui doit être vu ou non, qui s’auto alimente en artistes nouveaux et refuse furieusement de laisser une parcelle de pouvoir. Système bien clos qui n’engage pas vraiment à la création indépendante.
Puis petite balade dans la ville qu’Akynou commence à maîtriser. Il y a des petits coins absolument étonnants. Il faudra lui demander de nous en parler sur son blog.
Une petite bouffe dans une brasserie pas trop bruyante où j’ai pu à loisir interroger Philippe sur son travail de la lumière. Cette mise en espace avec cette matière si peu matérielle me fascine. Je suis bien tombée puisqu’en plus, il a du talent et que c’est un excellent technicien.
Déjà, il nous parlait de son prochain travail avec le même metteur en scène. Il en est à la lecture du texte qu’il m’a fait parcourir. En lisant, je me suis vraiment demandé comment ils allaient monter cela et Philippe m’a un peu raconté les premières réunions de travail. Je me suis ainsi un peu immiscée dans le processus de création en équipe moi qui travaille toujours seule (ou presque), j’ai beaucoup aimé. Bref, super soirée ! 

Après ces quelques jours fort agréables, il m’a bien fallu rentrer chez moi. Ce coup ci, c’était TGV jusqu’à Paris. Départ 6h52, Akynou m’a maudit de l’obliger à se lever si tôt, mais sans rien laisser paraître.
Il était peuplé de femmes et d’hommes se rendant à leur travail. J’étais la seule dans mon compartiment à posséder une valise. J’y ai retrouvé les mêmes habitudes auxquelles j’assistais, il y a … lorsque je prenais le RER de Boissy-St-Léger à Châtelet pour me rendre à mon école d’Art. Les habitudes créent les mêmes rituels ; ceux qui se font la bise parce qu’ils se retrouvent chaque matin,  ceux qui finissent leur nuit, ceux qui font la gueule parce que vraiment ils n’aiment pas se lever tôt, ceux qui plongent dans du boulot, ceux qui attendent que ça se passe. Les habitudes me déconcertent, m’affligent, m’angoissent, suivant le cas. Je ne regrette aucun de mes choix qui m’ont mené loin de la civilisation et du travail et de ces habitudes sclérosantes, anesthésiantes. Il m’arrive de le payer au prix fort, mais franchement, ça vaut le coup. « L’ennui naquit de l’uniformité ». Souvent je me répète cela en période de turbulence.

Bref, j’étais aussi crevée que tout ce petit monde, mais moi, c’était pour la bonne cause : les plaisirs de la vie !

Gare Montparnasse, que j’ai pourtant longuement fréquenté dans mes années parisiennes, je déplore une fois de plus mon sens de l’orientation de blonde. Je cherche un plan pour voir où se cache l’arrêt du 91 qui me posera Gare de Lyon. Je ne trouve pas la bonne sortie, je prends la première qui vient et ne suis pas mécontente lorsque je vois le bon bus arriver. Un bel antillais à tresses fines et ongles à rallonge me demande où je vais avant de me vendre un ticket. Il n’a qu’un léger sourire lorsque je lui parle de la gare et m’informe que je me suis trompée de sens. Heureusement que j’ai du temps pour la correspondance. Très cool, il ne me fait pas payer le ticket et m’indique qu’il est presque au terminus. Je n’aurais qu’à prendre celui qui est devant. Nous avons fait le tour derrière la gare et j’ai pu revoir la place de la Catalogne qui me rappelle de bons souvenirs.

Je descends du bus, me dirige vers l’autre qui me démarre sous le nez pour stopper trois mètres plus loin, au long feu rouge. Je le rattrape, frappe poliment au carreau, pas de réaction. Un parisien déboule, fait beaucoup plus vivement le même geste, le chauffeur nous montre le bus de derrière. Nous insistons de concert, lui s’énervant, moi pas (rester calme et boire frais, ces mieux pour la longévité). Je peux m’offrir ce luxe, je suis en vacances et pas parisienne. Mais rien n’y fait. Le chauffeur refusera de nous ouvrir.
Je remonte donc dans le premier bus, en disant à l’Antillais que le destin voulait que je fasse le chemin en sa compagnie. Par contre, le Parisien se comporte comme il se doit, il râle. Bon, c’est normal, ou habituel et on attend que ça se passe. Mais ça ne lui passe pas vite à ce con. C’est quand il sort sa diatribe sur les chauffeurs de bus qui se tournent les pouces que je confirme ma joie d’habiter loin de ces fous.

Petite mine fatiguée du matin parisien :

J’arrive 20 minutes avant le départ et suis surprise par le tableau d’affichage. Je vérifie mon billet, et ne comprend pas pourquoi les trains de 7h42 sont encore au tableau à 9 heures… Une voix bourdonnante m’éclaire : un incident sur la voie, patati patata…
Au tableau mon train affiche 15 minutes de retard, ce n’est rien. Cela me laisse le temps de m’offrir un second petit dèj. Celui chez Akynou est déjà loin et frugale, à 6 heures j’ai rarement faim…
Le numéro de la voie fini par être affiché et je m’y dirige tranquillement, même si c’est de l’autre coté de la gare, j’ai le temps… Je monte très satisfaite, il caille dehors, c’est mon premier grand froid de l’année. Avant de partir, j’étais encore en tong et débardeur. Ce matin, malgré manteau et écharpe, je me suis pelé.

Il n’y a pas grand monde dans le wagon. Par malchance, ma place est à coté d’un homme déjà installé. Je lui demande très poliment de bien vouloir m’excuser et pour rester dans le ton cordial lui fabrique une petite phrase engageante du genre, nous allons passer les trois prochaines heures côte à côte. Je ne pensais pas que cela puisse être aussi désagréable! L’homme ne m’a pas même regardé, encore moins adressé la parole, s’est levé, m’a laissé passer plein d’impatience et a rabattu l’accoudoir dès que j’ai été coincée contre la fenêtre. J’ai adoré !!! Je ne sais pas si celui là  était parisien, de toute façon, il y a des mauvais coucheurs partout.
Il a quand même eu la bonne idée d’aller assez rapidement s’installer sur une place vide. J’ai prié le ciel auquel je ne crois pas pour quelle le reste. Elle ne l’est pas restée, comme quoi, ça ne sert vraiment à rien de prier un ciel vide.

Mais la dame a préféré venir occuper une place du groupe de 4. Avec son chat, c’était en effet bien plus commode. Et nous avons attendu. J’étais au chaud, personne ne m’attendait à la gare, le mauvais coucheur s’était éloigné, aucune impatience donc.

J’ai regardé les minutes s’égrener en me disant que j’en prendrais une, juste au moment du départ. Raté, un autre TGV est venu boucher mon horizon.

En fin de compte, nous sommes partis avec trois quarts d’heure de retard. Une broutille par rapport aux deux heures et demi qu’a subit Julie l’année dernière.

Une fois partie, j’ai fait comme la dame, je suis aller investir le quatuor. Le premier arrêt était le mien, pas de risque de flouer quelque passager. J’ai sorti mon petit matériel et j’ai pu écrire un peu plus lisiblement que dans le TER. Ça bougeait tellement que je ne suis pas certaine de pouvoir me relire.

Je me suis un peu amusée avec ce que j’avais sous la main.
 

J’ai attendu que ça se passe, quand j’en avais assez de lire, d’écrire ou de photographier

Puis, je me suis presque assoupie, avec le soleil qui me réchauffait doucement.

Puis j’ai regardé le paysage qui passait, qui passait, qui passait, qui passait, qui passait, qui passait, qui passait…


J’ai encore un peu joué avec l’appareil photo

Puis, j’ai encore attendu que ça se passe…


Je n’en suis pas revenu de ma fébrilité au moment de descendre. J’étais très heureuse de retrouver mon chez moi. Et oui, après bientôt vingt ans, mon chez moi, ce n’est plus Paris mais mon sud…

Malgré le coté ennuyeux du voyage parce qu’un peu long (surtout à l’allé), j’ai adoré ces quelques jours. Adoré parce que cela me sortait de mes habitudes qui ne sont pas encore cristallisées en rituels (ouf!). Adoré parce que j’ai retrouvé ma sœur. Adoré parce que j’ai redécouvert mes nièces. Adoré parce que j’ai passé une superbe soirée au théâtre, en compagnie d’un ami cher. Adoré parce que j’étais contente de retrouver mes pénates.
J’ai passé ces quelques jours avec cette maxime de Chamfort en tête : « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà toute morale ». Vous savez quoi ? J’aurais aimé en discuter avec pas mal de personnes rencontrées. C’est tellement meilleur lorsque l’on reste zen…

 

Publié dans Au jour le jour

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akynou 04/11/2009 18:44


Mooi aussi, j'ai adoré te retrouver :-)


Lartemizia 04/11/2009 20:51


Merci soeurette