La précarité comme mode de management dans l’éducation nationale

Publié le par Lartemizia

Petit résumé de mes 10 années au sein de cette merveilleuse institution publique.

En octobre 2000, après ma reprise d’études, je débute dans l’éducation nationale. Je n’ai jamais enseigné, on me jette tel quelle face aux élèves. Le premier jour, je n’ai pas de clé, pas de liste d’élèves, vaguement un emploi du temps, et bien sur, aucune idée du programme. Je fais comme je peux en remplaçant au pied levé une prof à moitié folle qui ne prévient jamais de ses absences. Bref, je fais mes classes et au fil des mois, je m’aguerris et m’attache au métier.
Début mai, j’arrive à mes 200 heures de vacation. Le principal me convoque pour me faire signer mon contrat, la loi de notre ami Jack, pour réduire le travail précaire dans l’éducation national interdit d’en faire plus par an. Il est aussi abasourdi que moi quand le rectorat l’informe que je suis virée et qu’ils ont trouvé un autre vacataire pour les mois qui restent. Le moins de contractuels possibles dans cette matière, voilà la politique de l’institution.
C’était il y a dix ans, mais je me souviens de la peine que j’ai eu à quitter si brutalement mes élèves et de l’humiliation que j’ai vécu lorsque je suis allée défendre mon boulot au rectorat. Mais ce n’était qu’un début...
Pendant l’été, j’écris aux services compétant pour demander du boulot et je suis envoyée en septembre dans le seul collège classé zone sensible (donc très très dur) du coin. J’y rencontre des personnalités et une entraide que je n’ai jamais retrouvée depuis. Mais je suis toujours vacataire… Au bout des 200 heures, j’ai peur de vivre la même chose. Finalement, je suis contractualisée. J’apprendrais en fin d’année, que le principal a beaucoup mouillé sa chemise, qu’il a fait nombre de visites au rectorat pour me garder. Au même poste, l’année précédente, il avait vu défiler 3 remplaçants qui avaient tous jetés l’éponge, ne résistant pas à la difficulté du poste.
Emploi du temps bien ficelé, pour un mi-temps, je n’y allais que deux jours (consécutifs) par semaine ce qui,  vu la distance m’arrangeait bien. Quatre collègues m’hébergeaient à tour de rôle pour m’éviter de la route. Bref, rude apprentissage mais de très bons souvenirs…

La deuxième année, on m’envoie dans un autre collège de Nîmes, à 90 minutes de route de chez moi. Je suis la remplaçante de la remplaçante qui termine son congé maternité. Au bout d’un mois, elle obtient de ne revenir qu’à mi-temps, jumeaux obligent. Je poursuis donc sur l’autre mi-temps jusqu’à noël. La dernière semaine de cours avant les vacances, je préviens les élèves que je ne suis pas certaine d’être de retour à la rentrée, je suis arrivée à mes 200 heures. C’est le vendredi à 16h30 que je signe mon contrat. J’apprendrais ultérieurement que je l’ai obtenu parce que le mari de la principale adjointe, a un poste important au rectorat. Et je finis tranquillement mon année à mi-temps.

L’année suivante, année faste, on me propose dès le mois de juillet un poste de 15 heures hebdomadaire dans le collège le plus proche de chez moi. Seulement 20 minutes de route, je fais ma première prérentrée en même temps que les autres enseignants. Le jour de la rentrée, je me partage entre ma classe, je suis prof principale et Julie qui fait sa rentrée en 6°.
Belle année, où j’ai rencontré des personnes qui sont restées des amis. C’est cette année que je choisis pour me séparer de mon mari. Je serais maintenant sans filet de sécurité…

Tout aurait été parfait s’il n’y avait eu la proviseure (c’est un lycée collège) qui me promet dès le mois d’avril que j’aurais le même poste l’année suivante. Elle me précise même, que j’aurais un temps plein. Je lui dis danger, un temps plein, cela veut dire un certifié sur le poste. Mais non, mais non, je vais m’arranger. Elle me tient le bec dans l’eau jusqu’au mois de juin où elle vient même me voir exprès pour me préciser que c’est bon, je reviendrais l’année suivante. Le jour même, le cpe du collège me demande d’accueillir celui qui sera sur le poste l’année prochaine et de lui faire visiter les lieux. J’ai un souvenir de chaud froid assez bouleversant. Je n’ai depuis, plus jamais connu de conditions aussi favorables.

Quatrième année, ça va encore pas trop mal. Je retrouve un temps partiel encore correct qui se partage entre l’autre collège pas trop loin (25mns) et 4 heures hebdomadaires dans un collège à 45 minutes. J’ai même la chance d’avoir un contrat dès le début de l’année.
Je découvre d’autres élèves dont certains ont eu l’année précédente le prof qui a pris ma place. A priori, je n’ai rien contre lui, il est certifié, c’est normal qu’il ait le poste. Sauf que mes anciennes élèves, lorsque je retourne au collège de Julie, viennent me voir dans la cours pour me dire que le nouveau prof, il est bizarre, il a une manière de regarder les filles dans le décolleté qui les perturbe beaucoup. Même les garçons, qui pourtant à cet âge (classe de 5°) ne sont pas très attentifs à ce genre de choses, remarquent le regard appuyé du prof sur les fesses des filles quand elles s’éloignent du bureau.  Je me renseigne auprès de mes élèves, même son de cloche. J’en parle au cpe qui est resté de mes amis, il me rapporte que des parents se sont plaints. La proviseure a donc été obligée de convoquer le prof. Sa seule réponse : « Je n’y peux rien, c’est dans ma nature. » Et s’en est resté là. M’est revenu aux oreilles que ce prof, quelques année auparavant, avait été muté de force d’une autre académie pour problèmes similaires.
Depuis, il enseigne toujours, dans le même établissement et Suzanne a eu la malchance de tomber sur lui cette année. Elle me raconte comment les élèves (classe de 4°) font des paris sur le cul qu’il va reluquer ou qu’entre copines, elles se préviennent du décolleté qu’il observe par-dessus quand il passe derrière les élèves…
Même pas envie de faire des commentaires, je dégueule juste …

Cinquième année, les choses se gâtent. Comme le temps plein qui m’a fait perdre la place du collège où sont mes filles n’a pas tenu plus d’une année, le même prof fait son complément de poste dans l’établissement le plus proche. Je me retrouve donc avec 6 heures hebdomadaires dans le bahut qui est à 45 minutes de chez moi. Financièrement, c’est pas la joie et je ne tiens que grâce aux allocations chômage.
Cerise sur le gâteau, le rectorat a inauguré une nouvelle politique. Pour être certain de ne pas avoir à contractualiser des profs (arts-Plastiques et Musique en priorité, c’est pas important comme matière et les parents n’iront pas gueuler) il ne donne l’autorisation aux principaux des collèges qui ont  un reliquat de 6 heures hebdomadaires maxi, de faire débuter les vacataires qu’à partir du 15 septembre afin de pouvoir les mettre dehors à la mi juin, pile au bout de 200 heures. Ils font même signer au vacataire en début d’année, un papier où il s’engage à ne pas chercher à enseigner ailleurs en même temps. On n’est jamais assez prudent.

Je me suis donc inscrite au chômage dès le 1er septembre 2005. Date very importante, vous le verrez plus tard.

Sixième année, rebelote, mais seulement 4 heures hebdomadaires dans le même collège à 45 minutes, avec rentrée à la mi septembre. Les premiers mois sont financièrement très difficiles surtout avec les deux mois de décalage de paiements. Je vais pleurer auprès de l’assistante sociale de l’académie qui ne peut rien pour moi. Elle ne peut intervenir qu’auprès des enseignants titulaires. Comme si les précaires n’avaient besoin de rien ! Finalement, c’est celle de la Caf qui me vient en aide à m’attribuant un prêt gratuit pour pouvoir payer le mazout qui chauffera la maison. Les mensualités sont prélevées sur mes allocations familiales, je mettrais 3 ans à rembourser.
Je suis sauvée par le congé maternité de la titulaire du poste. Pendant 14 semaines, je fais son temps plein plus mes 4 heures sur deux établissements, l’un à 45 minutes, l’autre 1 heure 20 de route. C’est épuisant mais ça me permet de payer mes loyers en retard et autres dettes et de renflouer mon chômage. Je fini l’année plutôt tranquille jusqu’à  la mi juin. Ça me fait des vacances encore plus longues que les autres, il faut bien voir le bon coté des choses…

Mais tout cela n’a qu’un temps. Mes revenus baissent dangereusement, surtout qu’à  la rentrée suivante, je ne retrouve que 4 malheureuses heures hebdomadaires dans le même collège. Dans l’hiver, je suis contrainte de m’inscrire au Rmi. Epreuve humiliante s’il en est de cet employé de la caf qui vous regarde d’un air soupçonneux, des fois que vous voudriez le rouler (à croire qu’il sort l’argent de sa poche) et méprisant, vous n’êtes qu’une merde puisque vous demandez le Rmi.
Me voilà donc à devoir justifier trimestriellement de mes revenus pour que soit calculé mon complément. J’aurais du cesser de travailler, c’est trop compliqué pour eux. Imaginez, je cumule tout petit salaire, versé de manière aléatoire (puisque je ne fais jamais le même nombre d’heure chaque mois) et tout petit chômage, tout aussi aléatoire (il est calculé en fonction de mon salaire). Ajoutez à cela que l’éducation nationale ne sait pas envoyer les bulletins avec moins de deux mois de retard (par exemple, j’ai reçu un 24 septembre, posté le 21, un bulletin de salaire daté du mois de juillet et qui concernait mes heures du mois de mai) et qu’ils versent les différentes sommes en plusieurs fois (acompte et régularisation) sans jamais préciser s’il s’agit de salaire ou de chômage et vous comprendrez la difficulté que j’ai,  à préciser combien j’ai touché chaque mois. Kafkaïen ? Oui, absolument !

Et je ne vous ai pas tout dit. Je reçois en avril de l’année suivante une lettre formatée où la caf m’informe que ma situation a changé (ah bon ?) et que j’ai un trop perçu de 1990€. Comme ils comprennent que je ne pourrais pas rembourser la totalité, ils me préviennent qu’ils me retiendront un pourcentage de mon Rmi chaque mois. Vu la somme dérisoire qu’ils me versent, à ce rythme, j’ai calculé, je mettrais 34 ans à rembourser…
L’histoire dure encore même si je n’ai plus droit au Rmi depuis belle lurette, suis trop riche ! J’en suis au troisième recours. Au premier, ils ont mis 3 semaines à me dire qu’ils avaient bien reçu ma lettre. Au troisième, ça a mis trois mois. Je vous passe tous les détails de l’histoire tout aussi kafkaïens. Et une épée de Damoclès de plus, une !!!

Comme je considère que cette situation ne peut pas durer, je me démène pour obtenir un peu plus d’heures l’année suivante. La formatrice que je fréquente depuis quelques années (et oui, pendant tout ce temps, je tente vainement d’obtenir le capes) m’a à la bonne (suis une étudiante studieuse) et se trouve être la compagne de l’IPR (Inspecteur d’académie), il veut bien, sur sa recommandation, intervenir en ma faveur auprès du service compétant.
Et là, je pèse mes mots, parce que s’il existe des cons incompétents, il existe aussi des gens bien qui se donnent du mal, je tombe sur une femme qui comprend la difficulté de ma situation. Après les 15 jours de la rentrée, accaparée par le bordel sans nom des profs titulaires  sans poste et des postes sans profs, elle peut enfin s’occuper de mon cas. La première proposition quelle peut me faire, c’est un contrat de 12 heures sur 3 établissements. Sauf que le plus proche est à 1heure 20 et le plus éloigné à 2 heures 10 de chez moi, sans parler de la distance qui  les séparent. Elle convient de la difficulté et cherche une autre solution. C’est là que je découvre les joies des HSA et HSE. Tous les profs sauront de quoi je parle ; moi j’avoue que je n’ai pas bien compris. Ce que j’ai retenu : les unes sont moins bien payées que les autres et les plus nombreuses bien entendu. Mais je m’en fou, tout ce que je veux c’est  du boulot. Mais ce n’est pas si simple. Pour éviter un maximum de contrats, l’éducation national a édicté une règle qui range dans la catégorie HSA (je crois mais c’est peut être l’autre) le reliquat d’heures des établissements. Exemple, dans le petit collège ou je travaille depuis quelques années, il reste de 4 à 6 heures en plus du temps plein de la titulaire du poste. Ces heures sont obligatoirement des HSA qui ne peuvent être données qu’à des vacataires. En conséquence de quoi, mon interlocutrice se retrouve avec des heures contractualisables disséminées dans toute l’académie. Il lui faut faire modifier le statut de certaines heures afin de constituer un ensemble géographiquement cohérent et ce n’est pas de la tarte. Je lui suis très reconnaissante de s’être donné autant de mal pour y arriver. Je finis donc par signer un contrat sur deux établissements : 8 heures à 1h20 et 4 dans mon petit collège à 45 minutes. C’est presque Byzance…
Joie qui ne dure pas longtemps. En arrivant au collège, je découvre mon emploi du temps en dentelles avec une équipe de direction qui refuse mordicus de modifier quoique ce soit. Je vous passe les détails, il s’est avéré au fil de l’année que le principal est total parano et l’adjointe totale incompétente. Une équipe de choc !!! Jusqu’à la fin juin, je vais réaliser 526 km par semaine pour aller travailler. 526 km sur des routes de montagne ou de piémont, cela veut dire pas toujours bien dégelée l’hiver et de toute façon magnifiquement sinueuses. Je me demande comment je ne me suis pas tuée au volant, surtout les fois ou je m’endormais, tellement épuisée. Ajouter à cela l’envolée du pétrole et vous aurez compris ma motivation à y aller ! Heureusement que j’aime ce travail !

 

L’année dernière, comme le piston ne marche pas deux fois, je me retrouve avec 5 heures dans mon petit collège. Comme j’ai pas mal cotisé l’année précédente, le chômage complète et je m’en sors, surtout que j’ai pris l’habitude de vivre avec pas grand chose. Ajouté à cela, la générosité de l’un (mon propriétaire m’a installé un insert neuf qui chauffe toute la maison) et la solidarité de l’autre (mon ex mari me fournit gratuitement en bois de chauffage) je n’ai donc pas besoin d’acheter du mazout. Ça aide …

 

Cette année, ça se dégrade encore un peu plus. La prof d’art plastique de Julie a hérité du poste qui voyage sur les deux établissements les plus proches de chez moi. Mais cette année, il y a encore moins d’heures. On complète donc son temps plein avec les heures de mon petit établissement, celui où je bossais depuis 5 ans. La voilà donc à courir sur trois établissements (conditions idéales pour bosser) et moi au chômage total.
735€ par mois, avec les allocations logements et familiales, je m’en sors juste, mais je m’en sors. Je ne me fais pas trop de soucis, sachant que mes allocations vont baisser lentement, j’espère que j’aurais un remplacement avant quelles ne s’épuisent. J’en profite pour tomber malade.
C’est quand je me remets doucement de l’opération que je reçois le courrier qui tue. Le vendredi 18 décembre exactement, je découvre une lettre datée du 15 qui m’informe que mon dernier jour d’indemnité est le 17 novembre !!!
Je n’en reviens pas et n’y comprends rien. Pourquoi ce brusque arrêt ? Je suis inscrite depuis 2005 et j’ai toujours travaillé, j’ai donc toujours cotisé. Et je vais faire comment pour vivre ? Angoisse, qui ne m’a pas encore lâché !!!

C’est après deux coups de fils à la cellule chômage du rectorat (qui ne reçoit visites comme appels que les mardi et mercredi, de 8h30 à 11h45 et de 13h30 à 15h45) que j’ai une réponse, affirmée sur un ton condescendent (c’est tellement évident pour ces professionnels du chômage. Je les mettrais face à une classe et je verrais bien s’ils assurent aussi bien !). Inscrite depuis 2005, pour 700 jours d’indemnisation, mon 700eme jour était le 17 novembre 2009… J’étais persuadée que le montant et le nombre de jours étaient recalculés pareillement. Cela aurait été trop simple. J’aurais du, à chaque fin de contrat (ou d’année) demander un réexamen de ma situation pour qu’ils recalculent les jours. Pour le montant, c’est automatique. Sauf que personne jamais ne s’est donné la peine de me prévenir.
Aujourd’hui, c’est trop tard… Mes cotisations sont perdues, sauf si je retravaille. Dans ce cas, je pourrais demander un réexamen. Que je me retrouve brusquement sans aucune ressource ne les chagrine aucunement, sagement à l’abris de leur salaire de fonctionnaire…

Je me tourne vers pôle emplois où j’ai un interlocuteur compétant en ce qui concerne les aides (dans cette région sinistrée, il a l’habitude) et serviable (c’est assez rare pour le remarquer). Hier midi, après le deuxième rendez-vous, je sors de son bureau, encore un peu plus effondrée. Il a étudié mon cas et s’est aperçu que je n’avais pas droit à l’ASS (450€ par mois). Pour y accéder, j’aurais du travailler avant 2005 pendant 5 ans à temps plein. Mais bien sur, jamais l’éducation nationale ne m’en a donné.
Il fait donc tout ce qui est en son pouvoir pour m’aider, me fait ma notification de refus d’ASS sur-le-champ (au lieu que ça prenne 10 jours, surtout en période de fêtes) pour que je puisse demander le plus rapidement possible le RSA.
Feu Rmi a muté, mais une règle sévie toujours, il faut justifier de 3 mois de revenus en dessous d’un certain plafond (très très bas) pour pouvoir formuler une demande. Mais moi je vais passer d’un coup de 735€ (somme bien au-dessus du plafond), à rien du tout. La question que je me pose actuellement : vais-je être obligée de vivre pendant 3 mois sans rien du tout pour y avoir droit ? Et je fais comment ? J’avoue, j’angoisse un peu là !!!

Il m’a soufflé une seule solution, à la limite de la légalité. Si je trouve une bonne âme qui veut bien me salarier pendant au moins une journée et me fournir l’attestation de fin de contrat, cela me permet de demander un réexamen à Pôle emploi qui me répondra par la négative mais refilera le dossier au secteur public. A ce moment là, je pourrais récupérer mes indemnités qui me laisseront un peu de temps pour définitivement, j’espère, trouver un autre moyen de gagner ma vie…  Parce que, voyez-vous, j’ai beau aimer profondément ce métier d’enseignante, j’ai beau me sentir tellement heureuse au milieu des élèves malgré les difficultés du métier (et il y en a de plus en plus), l’institution a réussi à me dégoûter totalement. Je n’en peux plus d’être traité comme de la marchandise. C’est ça, la précarité dans l’éducation nationale et elle se répand comme une gangrène.

Je suis bien allée voir du coté de l’enseignement privé, donc catholique. En dehors du fait qu’il n’y a aucun établissement à moins d’une heure trente de chez moi, pour s’inscrire sur la liste des candidats au remplacement, il faut commencer par faire un chèque de 50€. Et ça, je m’y refuse ! Non seulement, je n’ai pas les moyens mais je trouve scandaleux de devoir payer pour avoir la possibilité d’espérer un hypothétique emploi précaire…

Une dernière anecdote qui a ajouté une goutte de plus dans mon océan d’angoisse. Comme je me suis fait opérer, j’ai eu droit à un mois d’arrêt de maladie qui débutait le 7 décembre, veille de mon opération. Je dépose donc mon arrêt de travail dans la boite aux lettres de mon Pôle Emploi et avant hier, je trouve un courrier dans ma boite. J’y découvre qu’ils ont bien enregistré mon changement de situation et que je suis donc en formation depuis le 7 décembre. A moi de rentrer en contact avec eux 5 jours après la fin de cette période pour leur dire si je suis toujours à la recherche d’un emploi. Mais le courrier est daté du 15 décembre les 5 jours sont donc passés (parce que nul part est indiqué la date de la fin de cette période). Panique à bord, à ce moment là je ne sais pas encore que je n’ais plus droit à rien. Impossible de les appeler, il ne reste qu’un 08 payant qui m’envoie sur une plate forme où je peux au choix, taper un, taper deux, taper trois….

Voilà où j’en suis actuellement. Je ne suis pas restée inactive depuis vendredi. En dehors de mes contacts à Pôle emplois,  j’ai envoyé des lettres au rectorat, dont une à celle qui m’avait rendu service il y a deux ans pour lui expliquer l’urgence de ma situation. J’espère quelle n’est pas en vacances.
J’ai relancé un ITEP pas trop loin de chez moi à qui j’avais déjà fait une proposition d’intervention. Mais je ne me fais pas trop d’illusions. Faute de financements, ils ont du fermer un des établissements de la zone et doivent embaucher en priorité ceux qui y travaillaient, normal…
Et coté boulot, ici, c’est la bérézina. Même les postes d’aides ménagères s’arrachent.
Ne pas sombrer, surtout ne pas sombrer !!!

Publié dans Au jour le jour

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Commenter cet article
A
<br /> <br /> ton témoignage me touche beaucoup car il relate à peu près mes galères avec le rectorat de Bordeaux et ce depuis 2003 ! tour à tour vacataire puis contractuelle avec plein d'heures de suppléance<br /> (en LP il y en a qui font les difficiles donc j'assurais) de plus je pouvais me "faire" des payes à 2990 euros/mois et retomber le mois d'aprés ! De plus j'ai été inspectée favorablement en 2008.<br /> Mais à la différence avec toi : je n'ai pas su me faire beaucoup d'amis même si certains collégues m'ont aidé alors que d'autres n'ont pas eu cette générosité, et aussi je reste avec mon mari<br /> même si cela fait plus de 10 ans qu'il n'ya plus rien entre nous, j'ai des enfants aussi (ados) c'est très dur et quelquefois je me demande comment on peut tenir. J'espère que tu te bats<br /> toujours car on est mi-avril. Cette année je suis restée sans poste, indemnisée par la cellule ARE du rectorat et dans un mois en fin de droits comme il se doit ! et le moral un peu en<br /> berne. Tu mérites mieux que cette galére. Bien à toi<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> Il n'y a pas encore de commentaires, mais envoies-moi un mail pour que je te donne le lien.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> C'est hallucinant, rageant, honteux et que sais-je encore !<br /> Je partage ton article sur facebook parce que je pense que peu de personnes ont conscience d'une telle absurdité. Te souhaiter bon courage est dérisoire mais ça me vient du fond du coeur.<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Mais non, ce n'est pas dérisoire, ça fait toujours du bien au contraire. Alors je te remercie.<br /> Serais-t-il possible que tu me donnes le lien de ton profil Facebook? Je suis curieuse.Merci<br /> <br /> <br />
P
<br />  ...Vive la France !!!...<br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Merci pour ton signe de passage ici. Je crois que c'est la première fois que tu laisses un commentaire et ça me fait plaisir... <br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> J'espère que tu vas trouver une solution. Ce monde est fou !<br /> <br /> <br />
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L
<br /> J'espère aussi mais rien n'est simple. Il m'arrive parfoit de penser que nous vivons dans un monde de merde; j'aurais juste envie de pouvoir me mettre à l'abris. Comme dirait Onfray : "La<br /> tentation de démocrite"...<br /> <br /> <br />