Je n’ai pas sombré !!!

Publié le par Lartemizia

Oui, les choses ont évoluées pour moi ces derniers temps, en mieux !

 

Petit résumé : je suis allée m’inscrire au Rsa. Autant mon inscription au Rmi m’avait laissé de sombres souvenirs, autant là, c’était beaucoup moins douloureux. On s’habitue à tout, c’est vrai. Mais en plus, les conditions ont un peu changées. Il y a quelques années, c’est à la CAF que le conseil général avait demandé de gérer le Rmi. En plus de l’inscription compliquée (quelques heures de permanence par semaine seulement), de l’accueil déplorable (mélange de mépris et de méfiance soupçonneuse), des conneries réalisées (je n’ai pas encore réglé mon problème de « trop perçu » que je vous raconterais plus loin), j’ai appris qu’elle facturait très cher le dossier enregistré. Le Conseil Général a donc profité du passage du Rmi au Rsa pour changer d’organisation. Aujourd’hui, l’inscription se fait au service social (ouvert toute la semaine) regroupant le secrétaire (qui se charge de l’inscription), les assistantes sociales (de plus en plus démunies) et d’autres divers services de santé (Pmi par exemple).

Au téléphone, le secrétaire a eu la bonne idée de m’indiquer les papiers à fournir, il a ainsi pu m’enregistrer dès notre premier rendez-vous. La bonne surprise, c’est que n’ayant pas droit à l’Ass, je pouvais m’inscrire sans avoir à attendre les trois mois fatidiques de revenus en dessous du plafond. Premier ouf. Le bémol, c’est qu’il faut quand même attendre au moins trois semaines pour avoir des nouvelles.
Dans la foulée, j’ai rencontré l’assistante sociale qui m’a dit quelle pouvait, vu ma situation, faire une demande d’une aide. J’ai donc rempli un dossier pour demander à bénéficier de 300€. Mais pas un centime de plus ! Même seule avec deux enfants, elle ne peut rien me proposer d’autre. C’est toujours ça de pris, si on me l’accorde et dans sa totalité. Par contre, pas de délai précisé... Je n’ai plus qu’à attendre et à prier le ciel que ça ne tarde pas trop.

 

A propos du vieux dossier de trop perçu, j’ai reçu des nouvelles il y a deux jours. Petit résumé, le 11 avril 2007, je recevais de la part de la Caf une « notification de situation » dont je vous donne l’essentiel :
« 
Nous avons modifié votre situation professionnelle. Vous nous avez adressé votre déclaration trimestrielle de ressources. Les revenus d’activité que vous nous avez déclarés sont pris partiellement en compte pour calculer votre revenu minimum d’insertion. Nous avons donc étudié vos droits ; ils changent à partir du 01 09 2006.
Il apparaît après calcul que pour le Rmi
(jusque là, lettre absolument standard que je connais presque par cœur)
Vous nous devez 1909, 61€ (coup de massue !)

Si vous ne pouvez pas nous rembourser immédiatement
(qu’ils sont perspicaces !!), sachez que nous retiendrons 4,51€ sur votre Rmi à partir du mois de Avril 2007. Cette retenue peut être recalculée si vos droits changent.

Vous avez remarqué ce qui me sera prélevé sur mon Rmi. Proportionné au montant, c’est bien la preuve que je touche une somme formidable. J’ai fait un petit calcul, à ce rythme là, je vais mettre 35 ans à rembourser. Sans commentaire…

Je fais rapidement un « Recours administratif » pour lequel les services « compétents » mettent trois semaines à m’informer qu’ils l’ont bien reçu.
Le 15 janvier 2008 (9 mois après), je reçois une notification de la Direction de l’insertion qui à l’honneur de m’informer qu’il a été décidé de m’accorder une remise de 20%. Je ne dois plus que 1527,69€. Youpi !!!! Je ne mettrais plus que 28 ans à rembourser !!!

Je ne m’avoue pas vaincue et rédige une lettre au Président du Conseil Général (ceux là même qui financent le Rmi) pour lui exposer mon cas. Il me répond le 7 mars : « Je suis aussitôt intervenu auprès de Messieurs le Président et Directeur de la Caf afin qu’un examen attentif et bienveillant soit apporté à votre demande ». Je me dis que c’est bon, comme c’est le Conseil Général qui finance, la Caf va obéir. Elle a une manière très particulière d’obéir puisque je reçois le 17 mars (plus rapide ce coup ci) une lettre m’indiquant que je suis toujours redevable de 1527, 69€.
Le 3 avril suivant, (presque un an après la première notification) le Président du Conseil Général m’écrit pour me dire qu’il est bien intervenu auprès de la Caf qui lui a répondu par lettre datant du 17 mars, me fournissant une copie, dont voici l’essentiel : « 
Je vous informe que votre correspondance va provoquer un nouvel examen du dossier en cause, et qu’une réponse sera adressée à l’intéressée mentionnant votre intervention.
J’attire votre attention sur le fait qu’en raison d’instructions relatives au secret professionnel, je ne pourrais pas vous faire connaître la teneur de la lettre que j’adresserai à l’allocataire, mais que cette dernière reste totalement libre de vous la communiquer si elle le souhaite
. »

Encore heureux que je puisse communiquer ce que je veux avec le Président du Conseil Général ! Et de quel secret professionnel s’agit-il ? N’est-il pas plutôt question de ne pas lui dire que mon dossier a été réexaminé le jour même et très hâtivement puisque c’est un refus clair et simple ?

Je ne désarme pas. Sur le refus du 7 mars, l’employée si bienveillante m’a informé que j’ai deux mois pour réagir. Je fais donc une lettre au Président de la Caf, sans oublier de prévenir celui du Conseil Général de l’attention et de la bienveillance des services « com-pétents ».

Sur mon insistance, la Caf me propose un entretien avec le médiateur. Je suis convoquée à Nîmes le 26 mai 2008 à 17heures. Je rencontre enfin un homme compétent (lui!), attentif et en plus, plutôt sympa. Nous passons 20 minutes sur mon dossier et 30 minutes à parler de choses et d’autres. C’est juste avant le week-end et il attend sa femme pour partir. Il m’explique que je suis bien redevable des 1909€ mais que ce trop perçu est du à une erreur de calcul de la Caf. Sachant pertinemment que je suis incapable de payer, il m’indique la marche à suivre et précise qu’il soutiendra mon dossier.
Je fais donc tout comme il me dit et reçois une réponse le 2 juin 2008 m’indiquant que je suis toujours redevable des 1527, 69€ parce que je n’ai pas fait ma « Demande de remise gracieuse » dans les temps. Et oui, je me suis trompée d’interlocuteur. Je devais écrire à la Cdas-Ddass et non à la Caf.

Je recontacte le médiateur qui m’indique à nouveau comment réagir. Et je refais donc tout comme il me dit…
Puis, plus rien………..

Le 18 juin 2009  (un an après mon courrier) un avis de recommandé dans ma boite aux lettres me fait craindre le pire. Et oui, le pire est toujours possible. La Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales du Gard m’informe que la commission départementale d’aide social a statué sur mon cas le 7 mai. Première nouvelle ! Je n’ai même pas été prévenue. Pourtant, en étudiant la notification (je vous passe les « Vu le recours n° 200900303, vu la décision, vu l’article, vu, vu, vu) je lis « Après avoir entendu à l’audience publique le rapporteur et après en avoir délibéré hors la présence des parties, à l’issue de la séance publique ». Vous lisez bien comme moi « la présence des parties » ? Comment pouvais-je être présente pour me défendre si je n’ai même pas été prévenue ? Bref, envoyé c’est pesé, comme mon recours était hors délais, je suis bonne pour payer !!!

Ce coup ci, je lis tout bien comme il faut et redemande la marche à suivre au médiateur, toujours serviable. Je peux faire appel de cette décision devant Monsieur le Président de la Commission centrale d’aide social (à Paris) dans un délai de deux mois. Pour simplifier, il faut renvoyer tout le dossier à la commission départementale qui fera suivre. Je m’exécute (début juillet) avant qu’ils ne le fassent.

Et vendredi dernier, 15 janvier 2010 (bientôt trois ans de procédure) je reçois du Président parisien une lettre m’indiquant qu’ils ont bien enregistré mon dossier sous le numéro référencé. Bravo, juste six mois pour enregistrer un dossier !!!

Dans cette lettre, on m’informe que mes « éventuelles observations doivent être obligatoirement présentées par écrit, dans un délai de un mois à compter de la réception de la présente transmission. »

Il est précisé (quelle chance j’ai) que j’ai la « possibilité de demander à être entendue par la Commission lors de la séance de jugement qui sera fixée ultérieurement et aura lieu à Paris, les frais de déplacement ne pouvant être pris en charge par l’administration. »

Ouais, Super !!! J’ai le droit d’aller me défendre mais surtout ne pas me donner les moyens financiers de le faire !!! A Nîmes, j’y serais allé, mais Paris… Parce que vous en connaissez beaucoup vous des Rmistes qui ont les moyens de se payer un petit aller-retour parisien ?

Voilà donc où j’en suis de cette histoire. Presque trois ans de procédure, combien cela a-t-il coûté ? Et simplement parce que la Caf a été incapable de compter le montant de mon Rmi. Pensez donc, je cumulais un minuscule salaire à un minuscule chômage et jamais les mêmes sommes. Etant vacataire, je ne travaillais jamais le même nombre d’heures par mois. Le montant du chômage étant indexé sur celui de mon salaire, c’était bien trop compliqué pour eux. Bref, je ne sais pas combien d’heures de stress cela m’a coûté et je ne sais pas combien d’heures cela me coûtera encore. Heureusement, j’ai appris à relativiser et comme « on ne peut pas tondre un chauve », je vais continuer à me battre. Je ne sais pas encore comment. Vous n’auriez pas une idée ? Vous ne connaîtriez pas une personne spécialiste en la matière pour m’aider ?

 

Revenons à du positif. Si, si, il y en a !
J’ai envoyé pendant les vacances de noël, trois courriers à la responsable des vacataires en Art-plastiques du rectorat pour lui exposer mon cas (la même qui m’avait sorti d’affaire il y a deux ans). Dès quelle a eu quelque chose, elle m’a appelé pour me proposer un remplacement de trois semaines, à mi-temps, dans un collège de Montpellier. Très serviable, elle a vérifié elle-même sur internet, si le trajet ne me prendrait pas plus de deux heures. Merci madame !!!!
Depuis la semaine dernière donc, je me lève à 5 heures pour être à 7h50 au collège le lundi (bouchons obligent) et seulement à 6h30 le mardi. Moi qui ai horreur de me lever tôt, je souffre un peu mais il faut ce qu’il faut.
Ma première journée a été terriblement éprouvante. Collège à grande mixité sociale, j’avais quelques-unes des classes les plus difficiles. Débarquant en cours d’année et passant derrière un prof qui me semble se laisser déborder (manque d’expérience, c’est sa deuxième année d’enseignement), j’ai subi des attaques en règle dont je vous passerais le détail. A un tel point que je me suis demandé en fin de journée si je tiendrais le coup.

Un détail révélateur de la capacité du prof à tenir ses élèves, l’état de la classe. J’ai été estomaquée lorsque je suis entrée dans celle-ci. Voici un petit exemple.

Salle de classe à Fontcarrade

Heureusement, j’ai dix ans d’expérience ce qui m’a permit de comprendre qu’ils me testaient et de réagir avec la fermeté indispensable. Je n’aime pas sévir mais là, je n’ai pas hésité. Exclusions de cours, punitions, j’ai usé de toute la batterie possible de sanctions, mais avec discernement quand même. Avec ce genre de groupe, la seule réaction possible : « tu me cherches, tu me trouves ! ».
Autre petit détail qui semble sans importance, la disposition des tables. Il est de coutume en arts-plastiques de les disposer par îlots. Cela favorise paraît-il la créativité
:

 

Salle de classe à Fontcarrade

Sauf que pour les élèves, pour qui le cours d’arts plastiques est souvent l’antichambre de la récré, c’est surtout signe de décontraction. J’ai donc redonné aux tables l’ordonnancement classique, c’est à dire en ligne. C’est tout con mais ça marche pas mal. Ils râlent un peu mais retrouvent naturellement l’ambiance d’un cours normal. Et cela me permet aussi de les placer deux par deux en évitant les couples explosifs. Enfin, quand il y a assez de place. J’ai une classe de 32 élèves, je dois donc bricoler une place de plus quand tout le monde est présent.

Enfin, hier, j’ai pu bosser à peu près normalement et sans plus aucune sanction. Le pied non ? Mais le mieux, c’est que j’ai retrouvé ce plaisir à être avec eux. C’est con à dire mais ils m’épuisent autant qu’ils me donnent la pêche.

 

Pour changer de sujet, un sujet beaucoup plus agréable ; parler d’une très bonne élève, studieuse, sérieuse, avec des très bons résultats, qui prépare avec un immense sérieux son bac : ma fille Julie.
Comme il fait un peu froid en ce moment dans sa chambre, elle s’installe sur le canapé face au poêle pour avoir plus chaud. Mais c’est une place convoitée et souvent elle a de la visite. Il faut donc partager l’espace. Et ce jour là, j’ai trouvé la position de Harry tellement amusante que je n’ai pas résisté au plaisir de les photographier.

 Harry sur Julie


Harry sur Julie

Harry sur Julie

Sont-y pas mignons tous les deux ???????

Publié dans Au jour le jour

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

D.Lopez-Eychenié 12/02/2010 15:49




Réponse sur mon blog:
Chère Madame,


Demandez d'urgence à l'ordre des avocats de paris en téléphonant de vous désigner un avocat spécialisé en droit social et plus particulièrement en prestations
sociales (la spécialité large fait que certains ne font que du droit du travail) qui accepte de travailler à l'AJ?


parallèlement montez vite un dossier d'aide juridictionnelle que vous déposez en insistant sur l'urgence au bureau d'AJ du tribunal de grande instance le plus
proche et vous indiquerez son nom si vous l'avez. vous lui renverrez le document à remplir pour son acceptation.


logiquement la demande d'AJ vous fera obtenir un renvoi de l'affaire qui ne sera jamais prête à temps ;


donc vous envoyez à la dite commission saisie une lettre AR avec toutes les références en indiquant que vous avez fait une demande d'Aj qui est en cours de
traitement et que n'ayant pas d'avocat, vous ne pouvez vous même vous déplacer eu égard au coût et sollicitez leur compréhension pour un renvoi à la date qu'ils voudront bien vous
fixer.

Bon courage !




akynou 21/01/2010 11:08


Oui, quel courage. Je t'embrasse


ADR-BLOG de la médiation 20/01/2010 11:32


Je vous ai fait une réponse sur mon propre blog: http://avocats.fr/space/dominique.lopez-eychenie/content/le-mediateur-de-la-caf-vu-par-une--combattante-sociale-_F8A6A35C-CF40-69E6-9BA6-E25073C468FA

je vous en souhaite bonne lecture et espère qu'il vous apportera quelque aide.


Lartemizia 21/01/2010 19:47


Merci pour votre billet. Je vous avoue que j'ai été fort surprise d'être baptisée combattante sociale. Mais pourquoi pas, je n'ai de toute façon pas le choix, il me faut bien me battre...


luciole 20/01/2010 11:16


Le chat est décidement propriétaire de ses maîtres et pas le contraire ;-).

Pour le reste, Bon sang quel courage et quelle patience, je sais que tu n'as pas le choix mais quand même... Ton délire avec la CAF me rapelle le mien avec les assedic, trois ans de procédure avec
une avocate qui m'a m'a couté des sous mais moins quand même que ce que les assedics me réclamaient qui ont finalement renoncé. Mais au bout de trois ans, j'ai calculé, si j'avais à l'époque
continué à toucher mes allocations durant ces trois années, j'aurai touché la somme qu'il me rélcamait au départ à peu près, ils ont donc trouvé le moyen de se remboursé tout de même et moi j'ai eu
trois ans de galère incommensurable...
bises à toute la famille