Je craque !

Publié le par Lartemizia

Bon, je craque. Je n’ai pas l’habitude de venir me plaindre sur les pages de ce blog. Premièrement, je considère que ce n’est pas fait pour ça. Deuxièmement, la vie est assez difficile pour tout le monde, je ne vais pas en remettre une couche. Et troisièmement, j’ai tendance à user de la politique de l’autruche, car je ne vois pas l’intérêt de me morfondre en pensant à des choses désagréables quand cela ne sert à rien. Bien sur, quand on y peut quelque chose il faut avancer, mais sinon, mieux vaux penser à des choses agréables.

Mais là, trop c’est trop !

Petit résumé. Je suis tantôt contractuelle, tantôt vacataire de l’éducation nationale depuis 5 ans. Je tente bien le concours, mais avec les 6,42% de réussite, je n’y suis pas encore arrivé. Donc, je subis les aléas de l’éducation nationale. Vous savez que le travail précaire est en nette évolution dans cette illustre maison ?
Je dois vous expliquer avant de vous conter la suite, que le statut de contractuel est légèrement meilleur que celui de vacataire. En effet, on a droit à certains avantages financiers auxquels ont droit les certifiés. Et puis, on est payé pendant les vacances. Vous savez, les congés payés, et bien on y a droit quand on est contractuel… Par contre, le vacataire n’est payé que pour les heures effectivement réalisées en présence d’élèves. Donc, pas le droit d’être malade. Quand l’établissement ferme pour cause d’inondation, pas payé non plus. En résumé, c’est le statut le plus précaire qu’il soit.

Et bien, non content de ne pas mettre de poste au concours pour réduire le nombre de titulaires, l’éducation nationale réduit de manière drastique le nombre de contractuels. Exemple : en fin d’année dernière, la prof titulaire du poste où je complète les heures, décide de prendre un temps partiel. Vu le nombre d’heures d’arts plastiques, il reste 8 heures hebdomadaires à pourvoir. Comme je suis là depuis deux ans, j’imagine qu’elles vont me revenir cette année. Mais ce n’est pas si simple. Avec la fameuse loi promulguée par notre cher Jack Lang pour réduire le travail précaire dans l’éducation nationale, un vacataire ne peut pas faire plus de 200 heures dans l’année. Au-delà, il doit être automatiquement contractualisé. Résultat des courses, comme ces huit heures hebdomadaires nous emmènent bien au-delà des 200 heures, le rectorat impose à la principale de prendre deux personnes différentes qui feront l’une 6 heures, l’autre 2 heures. Intelligent non ?
Précision de la principale aujourd’hui, il ne faut pas faire plus de 5h et demi hebdomadaire pour arriver aux 200 heures. Donc, en fin d’année, elle doit me virer pour en mettre un autre. Ça m’est déjà arrivé. Et aucune chance de faire d’autres heures ailleurs, parce que les 200 heures, c’est pour l’année scolaire dans toute l’éducation nationale. Donc, quand on a de la chance : chômage !

Comme me l’a demandé la principale, je débarque aujourd’hui au collège, pour prendre connaissance de mon emploi du temps. Oui, j’ai de la chance, on m’a gardé les 6 heures. Enfin, je croyais. Parce qu’elle m’informe qu’elle attend toujours la confirmation du rectorat. En attendant, elle mettra les élèves en étude et moi toujours au chômage, sinon, je ne serais pas payé pour les heures réalisées avant accord.
Et cerises sur le gâteau, la principale de l’année dernière, qui a fait les emplois du temps, s’est débrouillée pour me mettre les 6 heures sur deux jours. 4 heures le mercredi et 2 heures le vendredi. Comme je fais trois quarts d’heure de route pour venir travailler (donc une heure et demi allez retour), vous voyez comme c’est rentable.
Mais ce n’est pas tout. Le vendredi, c’est le jour de ma formation au capes, ce qu’elle savait pertinemment ! Je fais comment pour être à deux endroits en même temps ?
Mais ce n’est pas tout ! Elle a réussi à y glisser un trou d’une heure entre les deux. Si, si, je vous jure ! Le parfait emploi du temps de merde. Et c’est tellement bien ficelé, que malgré toute sa bonne volonté, la nouvelle principale ne peut rien y changer. Elle m’a promis d’essayer de rapprocher les deux heures du vendredi mais ne me garantit rien. Je crois que la pauvre se débat dans un merdier … Joli cadeau laissé par la précédente.

Alors, j’hésite entre pleurer et hurler.

Je ne sais pas si je vais continuer ce fichu métier, l’institution nous traite trop mal. Et pourtant, qu’est ce que je suis heureuse quand je suis face aux mômes ! Parce que qu’est ce que je l’aime ce fichu boulot…
Bon, promis, le prochain billet sera consacré à Venise. Pensons aux gondoles, pensons aux gondoles pour survivre…

Publié dans Coup de gueule !!!

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<br /> <br /> Je pense aux gongoles avec toi même si c'est impossible de se gondoler en lisant les méandres de cette institution. Scandaleux oui, à hurler oui!<br /> Je pense fort à toi! bises!<br /> <br /> <br /> Posté par luciole, 04 septembre 2006 à 22:34<br /> <br /> <br /> L'horreur totale entre les méandres de l'administration et la connerie (voire la méchanceté de certains). Ça atteint des sommets et c'est l'horreur quand ça te touche directement.<br /> Faudrait de temps en temps imposer aux ministres de changer de place avec les gens qu'ils traitent si mal. Pour leur faire comprendre. Mais il trouveraient encore le moyen que c'est un mal<br /> nécessaire… Ces enculés mondains.<br /> Ça me fout en colère ce genre de trucs. Devoirs mettre les enfants en étude alors qu'il y a un prof tout dévoué à mettre devant, franchement, c'est le comble de la connerie.<br /> <br /> <br /> Posté par akynou, 13 septembre 2006 à 12:06<br /> <br /> <br /> <br />
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