A partir des tranches de moi ...

Publié le par Lartemizia

Et oui, il fallait bien en faire quelque chose de cette information découverte lors de l'IRM. J'avais donc rendez-vous avec la clinique de Ganges lundi à 15:30...
Je suis partie vers les 14 heures et des brouettes, non que ce soit si loin de chez moi, mais prévoyant une halte au supermarket afin de me pouvoir en mandarines, eau minérale et autres magazines. On est jamais trop prudent.
Me voilà donc dans ma chambre après les quelques paperasseries obligatoires.
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Coup de chance, on me donne une chambre seule à l'étage maternité. Moi qui n'est  pas les moyens de me l'offrir, j'avais très très peur de tomber avec une fanatique de tf1. En plus, il est beaucoup plus agréable d'entendre les vagissements (même forts bruyants) d'un nouveau né que les râles d'une vieille subclaquante (oups, c'est pas politiquement correcte ce que je viens d'écrire).
Je commence donc à faire le tour de mon nouveau domaine et installe mes petites affaires (forts nombreuses je dois l'avouer). Ordinateur avec moult films, une valise pleine de bouquins pour avoir le choix, de quoi écrire et de la zic.
Ma salle de bain
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La télé que je me suis bien gardé de prendre
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et la vue de la fenêtre
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Je me garde bien d'enfiler mon costume de malade et j'attends que ça se passe en bouquinant.
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Quand à 18h30 précises, m'arrive le repas du soir. N'ayant pas mangé à midi, ça tombe plutôt bien. Je me dis que c'est mon dernier repas avant un bon moment et tente de manger avec appétit.
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Je dis bien tente, parce que, même habituée des cantines de collège, je n'ai jamais rien mangé d'aussi mauvais et je pèse mes mots. Dans le petit bol à droite, flottent dans un bien pâle bouillon, des vermicelles tellement gros d'avoir trop cuits qu'ils ressemblent un peu à des vers. Je tente de ne pas m'arrêter à l'aspect, mais franchement, ce n'est pas possible à avaler. Je me contente de boire l'eau vaguement colorée mais heureusement chaude (il fait un peu froid dans ma chambre.
Sous le couvercle noir, se cache un gratin de pâtes lui aussi absolument infecte. Le jambon qui l'accompagne est loin d'être de premier choix et sans pain, ça a du mal  à passer. Je me rattrape sur le yaourt qui lui ne peux pas être raté puisqu'il est tout près.
Bref, il ne me faut pas bien longtemps pour finir mon repas, que j'améliore d'une petit barre de céréales que j'avais eu la bonne idée de m'acheter avant de venir...
Puis, j'attends... Lasse de lire, je joue avec l'appareil photo
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Puis, on me prévient qu'il me faut, avant d'aller me coucher et demain matin, prendre une douche à la bétadine. Berk !!! Mais le pire, c'est que les cheveux doivent y passer aussi. Ah non!!! Pas les cheveux !!! Vous imaginez avec ma tignace?
Pour ne pas oublier les consignes, il est accroché ça dans la salle de bain
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Le détail qui tue
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J'avoue, je n'ai pas suivit les consignes à la lettre. j'ai lavé mes cheveux, mais pas à la bétadine. En sortant de cette douche, on se sent récurré comme rarement, je vous le promets !
Puis, je retourne au lit, regarde un film puis tente de m'endormir.... Regarde un deuxième film puis tente de m'endormir... J'ai du y arriver vers les deux heures du matin.
Quand à 7:00 l'on vient très gentiment me réveiller pour me demander d'être prête à 8:00, je trouve qu'une heure entière pour une douche, sans petit dèj, c'est bien long. Mais je me lève quand même. Le lit déjà a un peu souffert de ma nuit agitée
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Je place le radiateur d'appoint face à la salle d'eau parce que franchement, il y a un problème de chauffage dans ma chambre et courageusement, je suis les instructions.
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A 7:35, me voilà prête et je m'amuse de cette tenue si seyante
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Je tente de discipliner mes cheveux pour qu'ils ne débordent pas trop de la charlotte et je me trouve l'aire fine
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Et je me recouche attendant  8:00 où l'on m'apportera un "petit cachet pour se détendre".
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Pas mauvaise idée ce petit cachet, parce que même si je sais qu'une anesthésie générale est moins dangereuse que la conduite d'une voiture, cela n'empêche pas un peu d'anxiété.
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Après le petit cachet, j'attends....
Je regarde le jour se lever
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Puis l'on vient me placer à la cheville un bracelet avec mon code barre. Le commentaire de l'infirmière avec un demi sourire : " C'est au cas on vous perdrait sur votre brancard". Parce qu'il y a le même sur mon lit qui m'emmènera au bloc.
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Et j'attends. On doit normalement venir me chercher vers 9:30 ou 10:00...
J'observe le soleil envahir la chambre
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Jouer de reflets sur le bâtiment de la gendarmerie juste en face
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Creuser de magnifiques drapés sur ce lit d'hopital
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Puis, je joue avec mes pieds. C'est commode les pieds pour jouer, ils ne sont jamais bien loin et toujours disponibles
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Quand je remarque la belle ombre portée sur la porte de la salle d'eau
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Je ne vous en montre qu'une, mais j'en ai  fait beaucoup plus.
Puis, j'attends toujours
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Je crois que le "petit cachet" commence à faire son effet et je commence un peu à déconner avec l'appareil
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Observez le reflet dans mon iris...
Je me lève pendant que je peux encore le faire
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Et j'attends encore
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Après, je ne peux plus, le cachet me shoot totalement, j'en-trouve à peine les yeux quand on entre dans la chambre. J'ai juste le courage de demander à une aide soignante si elle veux bien baiser le store, ça fait un temps infini que je transpire sous ce soleil d'hiver sans avoir la force de me lever.
Remarquez, ils ont bien fait de me le donner ce petit cachet parce qu'un contretemps au bloc m'a fait décoller de la chambre que vers les 11:30. Pas vu le temps passer et pas eu le temps de m'angoisser...
Quand enfin on vient me chercher, un charmant brancardier (et oui, j'arrive encore à reconnaître ça) je tente de plaisanter sur la tristesse des plafonds d'hôpital. Un petit Le Tintoret aux plafonds des couloirs serait tellement plus agréable. Mais soit que mon élocution est trop pâteuse soit le brancardier absolument pas branché art, il ne comprend rien. Je laisse tomber...
Au bloc, il fait un froid de canard. On me fait d'abord passer de mon lit à un brancard puis du brancard jusqu'à la table d'opération. Je me demande comment ils ont fait dans l'autre sens. Vu la bête, ils ont du en chier.
L'infirmière me demande de remonter, j'ai les jambes qui dépassent de la table. Suis pourtant pas immense, je ne fais que 173 centimètres, sans les talons. Les infirmières se marrent, je crois quelles doivent toutes être beaucoup plus petites. Arrive l'anesthésiste que l'accoutrement du bloc n'arrive pas à enlaidir. Elle est vraiment très agréable à regarder, très souriante et en plus je lui plait particulièrement, je porte le même prénom que sa fille.
Lorsque l'on me place le masque à oxygène, j'ai quelques secondes d'angoisse, moi la claustrophobe. Et juste avant que je ne sombre, je l'entend me dire que ce n'est pas la peine de leur résister puisqu'elles sont les plus fortes. J'ai à peine le temps d'esquisser un sourire que le monde disparaît....

Je ne vous raconterais pas la salle de réveil, j'en ai de vagues souvenirs d'agitation, de bruits, de paroles lancées, d'une grand mère qui passait son temps à s'asseoir sur son lit en s'excusant, de l'infirmière qui commençait à s'agacer, patiemment... Il me reste juste la satisfaction de me savoir vivante ....
A 15:30, me revoilà dans ma chambre. Le temps de prendre deux photos et je sombre à nouveau. C'est bon de dormir...
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Je n'ai pris conscience des barreaux que lorsqu'ils les ont enlevés, c'est dire...
Quelques brefs réveils à éclipse plus loin, je fini par reprendre réellement conscience vers les minuit.
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Mais là, comme prévu, la nuit est longue. J'ai trop bien dormis tout l'après midi. A chaque fois que je retrouve un semblant de sommeil, l'infirmière vient me prendre la tension. Adorable d'ailleurs la dame, nous avons quelques conversations bien sympathiques. C'est elle qui me permet de prendre un demi verre d'eau dans la nuit. On m'avait prévenu que je n'aurais le droit ni de boire ni de manger avant le lendemain matin, après l'autorisation du chirurgien. Comme il n'a pas pu venir, j'étais bien heureuse que l'on m'est permit de ne pas rester la gorge sèche.
Les anti-douleur qui tombent  goutte à goutte dans la perfusion me font croire que je n'ai même pas mal.  Et la nuit passe...
Au matin, heureuse surprise, on m'apporte à 7:00 tapante un petit déjeuner. Frugal, un thé et deux biscottes, mais un festin après ce jeun. Merci madame l'infirmière...
Lorsque la poche des ainti-douleurs est vide, ça fait un retour impressionnant dans la perf
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Et je passe ainsi la journée, entre semi conscience et somnolence à trouver quand même que mon lit est bien court.
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La seconde nuit est déjà moins chaotique et je me réveil le lendemain, presque en forme. Enfin, j'exagère un peu. Mais j'arrive à me lever; on m'enlève la perf et je peux aller me doucher, sans bétadine cette fois. Le pied !!!
Après la douche, j'enlève les pansements et ne résiste pas à photographier les points de "soudure". Je ne vous montre qu'un des 4 petits trous de trois, deux ou un points qui me constellent le ventre.
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C'est-y pas mignon?
Je retourne dans mon lit avec cette fois ma chemise de nuit, c'est tellement plus agréable que d'avoir le cul à l'air.
D'ailleurs, je trouve que j'ai déjà meilleure mine
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Puis j'attends la visite du chirurgien qui décidera si je peux sortir aujourd'hui ou non.
La preuve que je vais déjà mieux, j'ai très envie de me sauver de là, même si le personnel est adorable et le lit confortable.
J'attends donc, les yeux dans le vague
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Ou à lire, j'y arrive de nouveau, même si ce n'est pas trop longtemps
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Ou a observer encore les jeux d'ombre et de lumière
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11:30, je n'ai pas encore vu le nez du chirurgien mais par contre le repas arrive. J'espère que ce sera le dernier. Il n'est pas meilleur que le premier. Il faut vraiment beaucoup de professionnalisme et d'expérience pour faire aussi mauvais !!! Il n'y a que la banane à sauver...
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Seule trace qui me reste de la perf. C'est le plastique la retenant qui m'a fait ces trois toutes petites cloques qui me démangent à peine. Chapeau mesdames pour votre dextérité !
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Enfin, vers 3 heures, le chirurgien débarque. Il s'excuse de n'avoir pu venir la veille. Pas grave, j'étais trop comateuse de toute façon pour retenir un traite mot de ce qu'il aurait pu me dire. Il me confirme que tout c'est bien passé. Me demande si je veux sortir. A ma réponse, il sourit donne ses indications à l'infirmière et me donne les consignes pour les jours à venir puis part en coup de vent.
Dans le couloir, n'y croyant pas encore tout à fait, je demande à l'infirmière si je peux préparer mes affaires. A sa réponse, je me précipite, à tout petit pas quand même, et commence à réunir tout mon petit bazar.
Je suis surprise par l'arrivée du goûter
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Je ne vais pas bouder mon plaisir, c'est, avec le petit déjeuner, le meilleur repas de la journée.
Je vous passe les paperasses à aller chercher à droite ou à gauche, et le retour, à toute petite vitesse au volant de ma voiture. Enfin, vers 17 heures, tellement heureuse de retrouver mon chez moi...
J'ai envie de dire, en guise de conclusion, que j'ai franchement eu de la chance pour ces quelques jours, ça aurait peu beaucoup plus mal se passer . Et, chose terriblement importante, je n'ai eu à faire qu'à des femmes absolument charmantes, agréables, attentives, patientes, aimables, chacune à leur manière et avec leur personnalité. Bref, même si jamais elles ne viennent lire ces mots, j'ai envie de leur dire un grand merci...

Publié dans Au jour le jour

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Commenter cet article

akynou 13/12/2009 20:10


LA douche à la bétadine, j'y crois pas… Pourquoi faire ?
et quand on est allergique à la bétadine (c'est on cas), ils ont une solution de rechange ?