Des nouvelles fraiches

Publié le par Lartemizia

Depuis des jours maintenant, j’ai envie de prendre un peu de temps pour vous raconter ma rentrée. Il est tard ce soir mais je m’y colle.

Cette rentrée n’a rien à voir avec celle de l’année dernière. C’est toujours ainsi, les dates comme les marronniers de la presse, rythment les saisons et nous poussent à comparer. Bref, l’année dernière, à cette même période, j’étais au début du fond du trou. N’allez pas vérifier, ça n’en vaux pas la peine.

J’avais pour une fois usé de ce blog comme d‘un déversoir, ce qui ne m’a pas fait de mal à défaut de me faire du bien. Non, je suis injuste, cet exercice de vidange de bile amère m’a offert un signe de fraternité qui m’a fait un bien fou et dont je remercie encore l’auteure. Merci Luciole pour ton geste et pour ces quelques jours passés chez toi, même si mon incapacité de cet été à gérer correctement mon planning a pu te paraître un bien piètre remerciement.
J’en rougie encore…

 

Un très bref résumé. J’avais opté pour la préparation d’un concours pour des chiffres (15% de réussite au lieu de 3,6%) et les chiffres se sont vengés !!!
Et oui, au lieu de mon traditionnel capes d’art plastique, j’avais eu cette ridicule idée de m’attaquer au concours de prof dézécoles et j’ai longuement souffert. L’histoire, pas de problème, la géo non plus. La science, on arrive à s’y intéresser avec un peu d’effort. La grammaire, bof mais on s’y met et je fais un peu moins de fautes grâce à ça. Le verbiage autour des théories fumeuses de la didactique, c’est un peu plus pénible, mais on y arrive. Mais les maths, NON !!!! IMPOSSIBLE !!!! Bilan : après des mois de SOUFFRANCES INTENSES, je constate que je souffre définitivement d’acalculie !!!

Il me faut avouer également, qu’il m’arrivait régulièrement, quand je faisais le bilan à la fin d’un cours, par habitude, pour améliorer ma pédagogie, de me souvenir soudainement que c’était ma dernière année d’enseignement des arts plastiques (oh la la, elle est longue ma phrase !) Et chaque fois, j’étais au bord des larmes. Ça me faisait mal aux tripes d’abandonner cette matière.
J’ai tout tenté pour essayer de me convaincre que c’était le bon choix. Rien n’y a fait. Fin janvier, je jetais l’éponge avec soulagement. 
Et je me suis replongée avec délice dans les arts. Retrouver le chemin de mon atelier a été un bonheur sans nom. Je vous passe les errements avant de prendre la décision de tenter à nouveau le capes d’art plastique. Parce qu’au fond, il n’y a que ça que j’aime : l’art et le transmettre. Alors, pourquoi me perdre ailleurs ?
Au printemps, je me procurais le programme du capes 2008 et plongeais dans l’étude (cool le rythme quand même). Lors de mon séjour parisien de juillet, je me suis précipité à Beaubourg pour voir la partie art moderne de la collection permanente. J’ai vu du Jean Prouvé et du Alvar Aalto que je ne connaissais pas encore vraiment. Et surtout, je me suis fait du bien aux yeux, au cœur et à l’âme…

Depuis, le rythme s’est accéléré mais le plaisir est intact. Faire ce mauvais choix l’année dernière aura eu au moins le mérite de me faire prendre conscience du bonheur que j’ai à être dans cet univers et ainsi retrouver l’envie donc une chance de réussite. Parce que les taux ne se sont pas améliorés et je ne suis pas certaine que le stroumf à la présidence soit de bon augure pour plus de profs (je manie bien l’euphémisme vous ne trouvez pas ?). Mais je sais que cette année je peux être dans les meilleurs, na !!!! (Et j’ai les dents qui rayent le parquet, attention !!)

 

Pour vous donner une petite idée, voici le programme. Demandez le programme !!!!

Partie hors XX° siècle : Le paysage dans l’œuvre de Claude Gellée dit Le Lorrain (1600-1682). Ça tombe bien, je ne connais rien à cette période, une occasion de découvrir… Et tout le monde à un tableau du Lorrain en tête, même s’il ne sait pas qu’il est de lui. La preuve un peu plus loin.

Partie dans le XX° siècle : La création artistique dans les domaines de l’architecture et des arts appliqués en France depuis « l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes » de 1925, jusqu’à « l’Exposition internationale des arts et des techniques dans la vie moderne » de 1937. Pour cette période non plus, je ne suis pas une spécialiste. J’ai étudié avant, juste avant, après, juste après mais pas encore là. Mais encore une fois, tout ce que je découvre est passionnant.

 

Pour ceux qui ne savent pas, voici en gros l’organisation du capes interne. Il se passe en deux parties. L’admissibilité, concentrée sur la matière, ici les arts plastiques et qui comprend un travail écrit (le commentaire composé) et un travail plastique (réalisation bidimensionnelle sur un format de présentation obligatoire « grand aigle »). Le tout se passe fin janvier, une journée de 7 heures sans sortir et sans parler. Ça paraît long, mais on ne voit pas le temps passer je vous l'assure.

Lorsque l’on a passé ce cap (en général ils ne retiennent que 30%), on est convoqué à Tours fin juin pour les épreuves d’admission. C’est un entretien professionnel qui comme son nom l’indique concerne la pédagogie des arts plastiques. J’y reviendrais sûrement une autre fois, mais pour le moment, je suis concentrée sur la première épreuve.

 

Et voici le premier sujet sur lequel je m’exerce.

 

Document 1 : Marcel Breuer, tables Laccio, acier chromé et bois lamellé, 1925, 136Lx48lx34h et 35x48x45 cm.

laccio_2

 

Document 2 : Gabriel Guévrékian, Hôtel Heim, 1927, Neuilly.

Hotel_heim__avenue_de_Madrid_neuilly_Gu_vr_kian__1927

 

Document 3 : Claude Le Lorrain, « Le port de mer et l’embarquement de la reine de Saba », 1648, huile sur toile, 148,6x195,7 cm.

Le_port_de_mer_et_l_embarquement_de_la_Reine_de_Saba__48__London

Vous voyez bien que ça vous dit quelque chose ce tableau...

 

Les sujets :

Commentaire composé : analysez la conception de l’espace dans ces œuvres.

Réalisation bidimensionnelle : exploitez ces documents pour donner à voir vos choix esthétiques dans la conctruction de l’espace.

 

Ce sera sans commentaire ce soir, il se fait tard. Mais comme ça, vous avez une petite idée de ce qui m’occupe et à quoi je passe mon temps.

Enfin non, à quoi je passe une partie de mon temps, parce qu’il y a le collège aussi.

Je n’ai pas à me plaindre, j’ai du boulot cette année, assez d’heures pour survivre. Mais je ne l’ai eu que parce que j’ai beaucoup pleuré. Je vous passerais les angoisses de prérentrée, les multiples appels téléphoniques avant que tout cela ne se mette en place.  Je vous raconterais peut être un jour si j’ai le courage, ça devient amusant tellement c’est ubuesque.

 

Je fais donc 12 heures hebdomadaires sur deux collèges. Le premier, à 42 km de chez moi, juste trois quart d’heures de route. J’y fais 4 heures en une journée, les élèves sont très chouettes. Je les connais presque tous, c’est la troisième année que j’y sévie.

Pour le deuxième, les choses se compliquent. Il est à 74 km de chez moi, j’y suis en une heure vingt quand il ne pleut pas. Je fais donc deux heures quarante aller retour et …. Je ménage le suspens …. Pour 8 heures de cours hebdomadaires, l’emploi du temps magnifique me fait m’y rendre trois fois par semaine !!!! J’ai eu la mauvaise idée de faire le petit calcul suivant, j’ai 8 heures de route pour 8 heures de cours. Génial non ?
Je m’en suis ouvert à la direction qui n’a pas pu modifier mon emploi du temps. Je ne parlerais pas d’incompétence de peur que ça ne leur revienne aux oreilles, mais je vous laisserais juger de l’efficacité du système.

J’ai donc de longues heures de méditation pendant ces trajets…

Je suis en vacances, c’est pour ça que je m’offre le luxe de me coucher tard ce soir. Parce que sinon, quand je dois me lever à 6 heures du mat, je ne fais pas de vieux os la veille…

 

Voilà, vous savez tout… Et maintenant, au lit, je tombe de sommeil…

Publié dans Au jour le jour

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Commenter cet article

. 03/10/2009 00:44



c'est bon d'avoir de tes nouvelles. bises


Posté par luciole, 31 octobre 2007 à 07:57


Pareil. Et les filles, elles vont bien ?
J'ai vu plein de Lorrain à Londres, en mars dernier. et j'adore l'étude de ta période moderne.

Je te donnes l'adresse d'un blog que j'ai trouvé en faisant diverses lectures de la Biennale de Lyon. Il va te passionner, j'en suis sûre
http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/ Il a également une liste de lien impressionnante.

et puis il y a bien sûr la Boite à Image de l'ami Ka : http://laboiteaimages.hautetfort.com/
En déménageant, je suis tombée sur ton mémoire sur la statue de Rimbaud. Je l'ai mis dans un carton bien précieusement :-)


Posté par akynou, 31 octobre 2007 à 12:44


J'en étais sûre :-)


Posté par akynou, 01 novembre 2007 à 11:18


Lorrain


Ce tableau de Claude Lorrain fait partie de mon panthéon peinturluré. Il concentre à lui seul (presque) tout ce que je peux aimer dans un tableau, les pierres impassibles qui encadrent, Rome à
gauche, Palladio à droite, et La Rochelle au fond, les bois et les toiles qui bougent tout seuls rien qu'à les regarder, les gens qui y vivent, des notables qui notabilisent, des pêcheurs qui
pêchent, des matelots qui matelotent, et même moi, là, juste à côté dans le virage. Je suis un peu caché mais on voit ma main qui dépasse.

Avec le grand trou lumineux de liberté qui crève l'écran en son milieu.

Il y a peut-être une quinzaine de tableaux dans mon panthéon. Pas un qui soit supérieur ni inférieur, ne compte pas sur moi pour les classer, et je n'en ferai pas la liste ce soir.

Je ne sais habiller un tableau qu'avec mes rêves, je ne sais que le réinventer. Claude Lorrain finalement peut partir, c'est désormais moi qui l'ai fait, le tableau. Je n'ai pas dit peint, j'ai
dit fait, comme on est fait comme un rat.


Posté par andrem, 23 novembre 2007 à 23:07