Le grand rangement est un sport à hauts risques !!!

Publié le par Lartemizia

Premier constat, Suzanne ne veux plus dormir dans son lit superposé. Deuxième constat, Julie en à marre de celui d’en bas. Troisième constat, si je ne peux agrandir la chambre pour placer deux lits, je dois réduire l’encombrement des meubles. Ne me restait plus qu’à choisir lequel allait virer de là. Une évidence, la GRANDE Armoire rustique que je tiens de mes parents.

Oui, mais où la mettre ? Ma maison est pleine comme un œuf. Si je la mets dans ma chambre, je n’accède plus à mon lit. Dans la véranda peut-être ? Oui, bonne idée.

Premier matin, je réorganise la véranda pour faire de la place à l’armoire. Je libère le coin que je destine à la table de la télé. Il me faut zigzaguer entre les meubles en vrac. Je sors, je rentre, oubliant la vieille malle posée derrière le rideau de la porte. En plein élan, je la percute pile sur le tibia. Je ne hurle même pas, j’ai quand même du lâcher un bon « merde », parce que ça fait franchement très mal. Ça saigne, tant-pis, je laisse sécher. Sa boursoufle méchamment et me lancera pendant deux jours.
La vieille télé qui ne fonctionne plus qu’en noir et blanc et que seule Suzanne sait encore faire fonctionner trône dans son coin, mais encore très accessible et surtout visible. Le Yucca devra passer l’hiver dehors avec un voile d’hivernage. De toute façon, j’avais de plus en plus de mal à le faire rentrer. Depuis que je l’ai, c’est devenu un arbre.

Quand je vous dit que c'est plein comme un oeuf...

Je vide l’armoire et prends les mesures. Elle fait 216 cm de haut et la porte seulement 195. Je dois donc la coucher pour la faire sortir de la chambre des filles. J’appelle au secours, il m’est impossible de faire cela toute seule. Un pote répond à mon appel et comprend mon désarroi devant la bête. Question : « tu crois qu’elle va passer sous le plafond lorsque nous allons la coucher ? » Zut, je n’y avais pas penser et je suis bien incapable de la démonter.
Ouf, il s’en faut d’un cheveu (deux centimètres) pour qu’elle reste coincée entre verticale et horizontale. Tous obstacles écartés, toutes portes ouvertes, nous la faisons glisser (sur une couverture quand même pour ne pas blesser le bois) jusqu’à la porte-fenêtre de la véranda. Là, je lève le nez. Et merde, le plafond est bien trop bas pour la relever. Je dois donc rapidement lui trouver une place dans la grande pièce. Enfin grande,  c’est une façon de parler, parce qu’entre mon bureau et tout ce qui l’entoure d’étagères et de meubles,

 la table, le canapé, le meuble bas (et très long) et ma bibliothèque ; il va me falloir encore faire des choix.

Mon pote doit me laisser, je me débrouillerais bien.
Seule solution, à la place des bouquins. Je vide donc ma bibliothèque de tous mes livres d’art, mes préférés. J’en profite pour enlever la poussière, c’est long.
J'ai eu peur que la table ne plie sous le poids

Je monte sur le meuble bas pour attraper les derniers livres quand je vois une forme familière noire sur brun foncé. Un scorpion ! Berk ! Je sais que ceux d’ici ne sont pas bien dangereux. On m’a dit qu’une piqûre ne fait pas plus mal que celle d’un gros frelon. Mais je n’arrive pas à m’y faire. Je frissonne et vais chercher le produit le plus efficace que j’ai. Pas assez pour ces bestiaux qui sont très, mais vraiment très résistants. Je le vois se carapater derrière le meuble. Je vous avoue que j’ai fais très attention en le déplaçant de vérifier s’il n’était pas à porté de mes mains.

Je fais glisser l’armoire jusqu’à sa place définitive, le meuble bas à la place d’un autre qui a trouvé refuge dans la véranda. C’est pas parfait mais c’est la seule solution que j’ai trouvée.
J’essais de mettre une des bibliothèques sur le meuble de la véranda. Re merde, plafond toujours trop bas. Je la mets donc sur le meuble d’origine et la remplie de livres. Ce coup ci, ils ne sont plus à dépoussiérer. C’est déjà ça.

Fin de la première journée. 21 heures, je me pose, mange un morceau et observe mon installation. Franchement, cette bibliothèque placée là, c’est pas top. Et je vais me coucher après une bonne douche. Et oui, j’ai choisi le mois d’août pour tout ce chambardement, il fait une chaleur humide digne des tropiques et je colle de sueur.

Deuxième jour, je pars à la recherche du meuble qui pourrait répondre aux critères très stricts suivant : supporter le poids des livres, pas trop haut mais pas trop bas pour en contenir un maximum, la bonne largeur et dans mes prix… Figurez-vous que j’ai trouvé !

Toute contente, me voilà en train de faire le montage des cubes solides et à géométrie variable, sans me blesser. Suis blonde mais je sais un peu bricoler. Et me revoilà en train de transbahuter les livres. La deuxième bibliothèque restera dans le salon, contre l’armoire. Faire le tri donc de ceux d’ici et de ceux de là-bas. Et puis, il faut que ça soit un peu joli quand même…

Ceci terminé, j’entreprends de nettoyer le dessous de l’armoire. Après cinq ans, je vous laisse imaginer l’épaisseur des moutons… Ménagère accomplie, après la poussière, je passe le balais espagnole. Très concentré sur le petit coin inaccessible, mon œil est attiré par une forme noire qui se balade entre mes pieds seulement munis de tongues. Avec la chaleur, je ne vais quand même pas mettre des bottes. Je sursaute, c’est encore un scorpion ! Ce coup ci, comme il s’est blotti dans le coin et sachant qu’ils ne sont pas hyper rapides, je vais chercher le marteau. Aux grands maux les grands remèdes ! Sans vergogne mais avec répulsion, je lui écrase la tête !

Pour continuer à libérer de l’espace dans la chambre des filles, je prends un panier d’osier qui fera office de panier de linge sale, ce dernier servira pour le tri sélectif. Ce sera toujours mieux que les sacs en plastique. Sur ma lancée, je passe dans le couloir le balai espagnol. Tranquillou, en marche arrière pour ne pas faire de traces sur le carrelage mouillé, je frotte. Pourquoi me suis-je retournée ? A deux centimètres de mon pied gauche, le troisième scorpion ! Je ne m’y fais vraiment pas et je trouve mes pieds bien vulnérables dans mes chaussures estivales. De nouveau, j’utilise le marteau.

Je vous passerais le détail de cette fin de journée, entre pliage de tout le linge de maison histoire de retrouver un semblant d’organisation dans l’armoire,
C'est t'y pas beau quand c'est bien plié? Malheureusement, ça ne durera pas ...
 déménagement des verres et des bouteilles d’alcool ( j’avais oublié que j’en avais autant ne buvant plus que du vin en aperro) d’un meuble à un autre. Elle se termine à la même heure et sur les genoux. Mais c'est rangé, chouette !!!!

Ce matin, re bellotte. Quitte à y être, je fais le grand ménage. Comme il me reste de la place dans la grande armoire, je déplace des trucs d’un placard à une étagère. Je pose un panier sur la table de la cuisine légèrement encombrée. Je ne fais pas attention, le grand couteau de cuisine chute. Manque de pot, mon pied gauche est juste dessous. Je ne sais pas s’il s’est planté mais je sais que ça fait mal. Ça pisse le sang, et je râle. Désinfection, pansement et je nettoie les taches de sang sur le carrelage. Ça fait désordre.

Je fais une pose lorsque Julie m’appelle et je sors pour laisser sécher le carrelage de la cuisine. Elle est partie depuis le 5 juillet, nous avons donc pas mal de choses à nous dire. Je lui explique mes projets pour sa chambre, lui raconte mes rencontres avec les scorpions, le coup du couteau et l’attaque sournoise de la malle sur mon tibia. Nous en rigolons ensemble. Comme j’ai une main de libre et encore un peu d’énergie, j’en profite pour arroser mon micro-jardin. Tout en discutant, j’ouvre la porte du cagibi extérieur, me dirige vers le robinet, tend la main et là : grand silence. A cinq centimètres du dit robinet, un autre scorpion. Celui là doit être un « papa » il est beaucoup plus gros que les autres. Je ne perds pas mon sang froid mais calcule que le marteau ne pourra pas m’être utile ce coup-ci, le diable est dans une anfractuosité du mur de pierres. Je vais donc chercher le produit pas miracle du tout pour au moins le déloger de là. Tout en continuant ma conversation téléphonique, je lui asperge une bonne giclé sur la gueule, à bonne distance quand même. Il tombe du mur, et là, je hurle ! Il se dirige, très, mais vraiment très très vite vers moi. Julie en rigole encore…
Je fais le compte avec elle, 4 scorpions en deux jours, ça fait beaucoup.
Nous sommes biens d’accord, nous avons horreur de ces bêtes là, surtout lorsque nous les trouvons au petit matin, dans la baignoire où il faut les déloger pour la douche.

Fin de la conversation, je retourne au robinet et que vois-je à demi caché par le tuyau, juste à coté de là où j’ai posé les pieds? Je vous le donne en mille. Un cinquième scorpion. De loin, je déplace tout doucement le tuyau, il ne bouge pas. Serait-il mort ? Par acquis de conscience je me munis quand même du marteau. A sa réaction lorsqu’il lui est tombé sur la tête, il était bien vivant…

Depuis, chaque tache noire que je vois au sol me fait sursauter. Je sais, c’est ridicule, mais depuis cinq ans que j’en fréquente régulièrement, je n’arrive toujours pas à m’y habituer.

Je crois que je vais inspecter mon lit avant de me coucher…

Publié dans Au jour le jour

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andrem 14/08/2009 13:44

D'ailleurs, il suffit de regarder par en dessous d'ici, tout le monde vois bien que tu m'as à l'oeil ...

andrem 14/08/2009 00:23

mais oui bien sûr la pizza. Je l'avais oubliée, d'ailleurs elle a refoidi et je l'ai mangée pendant le documentaire de 1961 sur les animaux des galapagos rediffusé à trois heures du mat. Elle était caoutchouteuse comme j'aime.Je tiens la preuve que tu m'as vu en vrai, puisque la pizza, mais oui bien sûr.

Lartemizia 18/08/2009 02:01



La suite des histoires de scorpions : deux jours après, je rentre dans la salle de bain pour prendre un produit dont Suzanne a besoin, elle est juste derrière moi. Elle vient de
prendre sa douche, et tout en attrapant le tapis de sol, je m'apprette à lui expliquer que je préfère qu'il séche sur le reford de la baignoire quand je l'entend hurler un grand "attention"!:!!
Ce cris me fait sursauter et je sursaute de plus belle quand je perçois une forme noire tomber du tapis que je tiens dans les mains. Quand je réalise que c'est encore un scorpion qui m'est tombé
juste entre les pieds, je saute en arrière en hurlant. Bon, j'ai quand même le réflexe de lui écraser la tête du pied, même si j'ai horreur de faire ça, surtout en tongue... J'ai vraiment
beaucoup de mal avec ces petites bêtes et je crois que l'Amazonnie, c'est vraiment pas pour moi ...

Andrem : la pizza caoutchouteuse à souhait, hummmmmm.



andrem 11/08/2009 21:54

C'est bien fait. T'avaikapa faire le ménage de printemps au mois d'août.Et puis, ce massacre des innocents à coups de marteau, c'est-y pas du gore de chez punk? Moi j'aurais brûlé les livre et l'armoire en même temps, et j'aurais acheté une télé écran plat haute définition bloquée sur TF1, et je me serais affalé dans le salon avec une bonne bière.Comment ça, même pas vrai?

Lartemizia 13/08/2009 23:37


Je crois Andrem, que tu as oublié la pizza. Et oui, bien sur que je t'imagine très bien dans cette position : pizza, bière, scotché sur Tf1. Ne te connaissant pas, je peux tout imaginer tu ne crois
pas?