Message presque personnel, Mouvement quand tu nous tiens ...

Publié le par Lartemizia

Andrem, tu es fou! Me poser de telles questions alors que je relève à peine de maladie! C'est de l'acharnement !!!

Parce que j'avoue, à la première lecture de ton commentaire, il m'a été impossible de répondre quoi que ce soit. C'est tout juste si je comprenais ce que tu disais.
A la deuxième lecture, je me suis dit qu'il me fallait au moins un billet pour donner une ampleur méritée à ma réponse.

 

En lisant tes mots, m'est venue en tête une foule d'oeuvre assez disparates. « La ronde de nuit » de Rembrandt pour commencer. Sûrement parce que c'est une apologie du mouvement, il y en a dans tous les sens. Mais la lumière aussi...
721px_Rembrandt_Night_Watch_1642

Puis, parce que tu le cites, Cartier-Bresson. Il est depuis longtemps le premier dans mon panthéon des photographes. (Depuis que je l'ai découvert grâce à une expo visitée en classe de 5°) Son « Instant décisif », je n'arrive pas à m'en défaire et j'ai encore quelques scrupules à retravailler mes photos puisque lui, jamais n'y retouchait (enfin, d'après la légende).

J'ai pensé à propos « des moments de mouvement touchant une sorte d'instant d'équilibre » à la photo « Derrière la Gare saint-Lazare » (1932) que voici.

Derri_re_la_gare_Saint_Lazare__Paris__1932___Henri_Cartier_Bresson

Magnifique illustration, tu en conviendras, de cet instant magique. A l'étudier de plus près, l'on retrouve le mouvement de l'homme, déjà répété dans le reflet, dans l'affiche collée au fond, qui elle même se répète, partiellement à droite puis une fois de plus dans le reflet. Cela fait en tout 6 sauts. Pas mal! Et malgré cela, toute l'image est parfaitement immobile. Deux raisons à cela je crois. Moment suspendu dans le temps, mouvement figé, immobilisé donc. Et la composition, très équilibrée, stable. Pas de grandes diagonales qui barrent le format, surtout les zones de valeurs horizontales. Mais je ne vais pas ici commencer l'analyse plastique de l'image. A toi de te débrouiller.
En cherchant sur internet, cette photo, j'ai trouvé juste en dessous, celle ci :
« Hyères » 1932

Hyeres__1932___Henri_Cartier_Bresson

 

Par rapport à notre problématique, c'est amusant de la confronter à la première. Parce qu'ici, le seul élément figé est celui qui est en réalité en mouvement. Par contre, tout bouge autour de lui. Les rampes de l'escalier, les verticales de cette même rampe, les lignes des marches qui viennent les percuter. Jusqu'à l'arc de cercle du trottoir qui vient fermer la photo en haut sur la tache noire du cycliste qui n'arrive pas à décoller. On pourrait même observer que les lignes des mains courantes guident le regard sur lui. Donc invariablement, tout nous porte vers lui, qui est totalement immobilisé, bloqué, cerné par les lignes de composition. Enfin, c'est mon interprétation...

 

Puis, une autre photo de Cartier-Bresson
« Alicante, Espagne » 1933

Alicante__Espagne__1933___Henri_Cartier_Bresson
J'aurais envie de la mettre en relation avec le tableau du Caravage puisqu'il n'y a que des personnages et que leurs mouvements sont terriblement « pagnolesques » comme tu dis si bien. Mais là, on est invité dans l'oeuvre. Car contrairement au « Souper à Emmaus », les personnages nous regardent, ils nous interpellent. Nous sommes témoins invités de la scène. Chez Caravage, nous sommes témoins presque voyeurs. Pour eux nous n'existons pas. C'est tout juste si Caravage n'a pas dessiné un trou de serrure entre eux et nous. Dans ces conditions, c'est normal de se sentir intrus, non?
Après, pour le mouvement dans l'histoire de l'art, j'aurais mille exemples que je ne citerais pas, faute de temps. Juste un petit Rubens par exemple? Mais bon, il faudrait être en face des oeuvres pour pouvoir en discuter, ce serait plus commode.

 

Sinon, tu m'as bien fait douter avec ton commentaire sur la Chapelle : « Deuxième remarque, sur le trompe-l'œil: il ne s'agit pas d'un bas-relief mais d'une grisaille. Il s'agit encore moins d'un miroir, on voit l'ombre des têtes portée sur le panneau, ce qui n'aurait pas eu lieu avec un miroir. »
J'ai commencé par me dire que j'avais dit une ânerie de plus dans mon devoir. Puis, je me suis demandé pourquoi tu parlais du miroir et enfin, je suis aller vérifier. Et j'ai trouvé çà :
« Des loges d’avant-scène de chaque côté du « plateau », avec, en haut-relief, quelques « spectateurs », membres de la famille des commanditaires ; en fond, un bas-relief en perspective sur l’angle, représentant une partie du transept et l’amorce du fond du transept de l’église (la citation en abyme de l’architecture réelle dans l’architecture et la scène représentée révèlent un sens de l’œuvre. »
Extrait de ça : «  Les paradoxes du Bernin, Anne Surgers, Professeur à l’université Michel-de-Montaigne, Bordeaux-III, directeur de recherche à l’université de Paris-III Sorbonne-nouvelle. »
Voici le lien, si tu veux la suite
http://www.cndp.fr/revueTDC/909-78085.htm

Et ça m'a rassuré. Même ne connaissant pas l'oeuvre du Bernin en général et encore moins celle-ci, je n'ai pas amassé trop de bêtises, ouf!!!!!

Voilà mon cher, à toi ......

Publié dans Au jour le jour

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Commenter cet article
A
Absence<br /> Juste un moment d'absence. Les voyages font des petits, les disparitions se suivent. Les tableaux, les sculptures, les propos anachroniques et les mouvements figés attendront des jours meilleurs, où je pourrai rattraper mon vide tourbillonnaire.Je ne peux rien écrire ni rien lire. Pendant la durée qui durera le temps qu'il faudra. Je n'aurai même plus de nouvelles de la famille en détresse.Le silence m'attend.<br /> Posté par andrem, 20 mars 2008 à 21:49
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A
ruisseau<br /> Quand je contemple, je laisse errer mes yeux et le cerveau qui paraît-il traîne derrière. Un ruisseau de lumière et d'ombres se perd dans les couches perméables, j'ai le crâne en forme de Causse.Plus tard, quand j'ai du temps et que je ne dors pas dans le train, je pars en exploration dans le gouffre ou l'aven, je tente d'y trouver le bon éclairage qui fera briller les stalactites et les stalagmites, celles qui tombent et celles qui montent.Et de temps à autre surgissent des mains posée sur la roche, des os qui dépassent du limon des creux, et un œil qui me regarde.<br /> Posté par andrem, 12 mars 2008 à 16:10
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A
Si quand même, un petit signe.En écrivant mon commentaire de l'autre billet, sans cesse la ronde de nuit me revenait à l'esprit. Comme quoi...L'esprit de l'escalier, peut-être.<br /> Posté par andrem, 11 mars 2008 à 10:29
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A
boulo<br /> Je ne sais pas du tout à qui peut s'adresser ce message.Il faut donc que je réfléchisse. Je déteste réfléchir, parce que pendant ce temps là je ne contemple plus. Comme je suis comme on dit, parti en voyage d'affaires, alibi éternel et commode, ce sera long.J'ai noté que ma grisaille était du relief, très bien, voici une bonne raison de refaire un voyage à Rome. J'ai admiré monsieur Henri dans ses œuvres, et j'avoue un faible pour son esprit de l'escalier, la deuxième photo que j'aurais bien intitulée ainsi. Où l'immobilité n'est pas là où elle devrait être.Bon, mais je ne vais pas plus loin, je sens le torrent de mots qui dégringole, je monte sur la berge pour échapper à la crue, le devoir m'appelle et le train n'attend pas.A bientôt, Alix, pense très fort à ta sœur dans la peine, elle a besoin qu'on pense à elle et de le savoir.<br /> Posté par andrem, 11 mars 2008 à 10:27
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