Un samedi aux urgences

Publié le par Lartemizia

Le 8 mars,  je vous parlais de ma première gastro. Le 16 mars de la deuxième. Depuis ça allait couci couça, mais pas fort du coté de la digestion. Vendredi après-midi, sur la route, je me sentais de plus en plus mal et je trouvais que ça durait un peu longtemps pour une gastro, même furieuse. Je tente donc de chopper mon généraliste. Raté, il est déjà en visite.
La nuit est longue, avec la douleur qui plusieurs fois me réveille. A dix heures trente, je suis dans sa salle d'attente, qui porte bien son nom. Je me sens de moins en moins bien.  11 heures passées, je suis enfin dans son cabinet. A voir ma tête, il  ne perd pas trop de temps en formules de politesse et il m'ausculte. Bien sur, pour faire un diagnostique, il faut appuyer là où ça fait mal. Mais "BORDEL" que ça fait mal !!!! Je ne hurle pas, mais je ne peux retenir mes larmes.
Résultat des courses, c'est soit une pancréatite, soit un ulcère à l'estomac. Génial... Je le sais un peu alarmiste, mais quand même, ça fait un choc. Bref, pour vérifier, il faut aller aux urgences à Ganges. Une demi-heure de route, je ne me sens pas capable de conduire. J'arrive tout juste à rentrer chez moi. Je téléphone à Alain, le père de mes filles, sur qui je sais pouvoir compter. Il lâche tout pour m'amener aux urgences. J'essaie de rassurer les filles avant de partir, mais je ne sais pas si je reviendrais le soir où s'ils me garderont (d'après ce que m'a dit le médecin).
Les longs discours n'étant plus dans mes cordes, je donne à l'homme qui m'accueille aux urgences, la lettre du médecin. Sans commentaires, il m'amène dans un box, me donne un sac en plastique jaune et une chemise jetable bleue et me demande de me déshabiller et de placer au fond du sac mes chaussures, puis la suite. Je tente de tout plier, je ne m'étais même pas habillée en vrac. Me voici prête
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Je n'ai pas pensé à prendre mon appareil photo qui traînait sur mon bureau après avoir chargé les photos. Heureusement mon téléphone m'a permis de passer un peu le temps.

 

Puis commence la batterie de tests standards je suppose, pouls, tension, température et enfin pose de la perfusion. L'infirmier et l'aide soignant sont très gentil, ambiance décontractée qui tente de faire sourire le patient. Et ça marche. La première perfusion est placée sur la main gauche. L'infirmier a du mal, me dit-il, à trouver une veine et me trouve la peau dure. Je lui demande pourquoi il ne le fait pas au creux du bras. Je n'ai pas très bien compris sa réponse. Il finit par y arriver et me branche. Curieusement, ça fait mal, pas fort, mais tout le temps.
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Pour ne pas attendre jusqu'au soir les résultats  de l'analyse de sang, la médecin cherche et fini par trouver un labo privé qui peut le faire rapidement. Alain est donc chargé de leur apporter les fioles. Heureusement qu'il est là. Il n'empêche, je trouve cette organisation un peu surprenante pour un service d'urgences.
Pendant ce temps, elle m'ausculte très rapidement et me pose quelques questions. Quand je lui explique ma douleur, elle la note comme un détail supplémentaire mais ne lui traverse pas l'esprit une seconde de me soulager. Je suis tellement dans le coltar que je ne pense pas le lui demander.
Au bout d'une petite heure, les résultats arrivent. Je la vois très embêtée. La pancréatite est à peu près écartée, mais elle ne comprend pas d'où peut venir ma douleur. Elle commande donc un scanner.
Attente, encore attente que l'appareil se libère. Il fait chaud dans ce bâtiment, mais j'ai de plus en plus froid. Enfin, l'aide soignant me transporte sur un fauteuil roulant jusqu'à l'étage supérieur. Ça fait bizarre d'être sur un fauteuil. J'attends quelques minutes devant la porte, au soleil derrière un fenêtre. C'est bon, ça me réchauffe le corps et la vision de la nature me réchauffe le cœur.
Le technicien du scanner vient me chercher, lui aussi très gentil. Il m'explique le fonctionnement, m'indique qu'il va m'injecter du produit dans les veines qui me donnera une sensation de chaleur pendant quelques minutes. Je lui réponds que ça ne sera pas plus mal puisque je commence à légèrement grelotter. Passe les premières séries de"bloquez la respiration", "respirez" puis il revient près de moi pour m'injecter le produit. Et là, je ressens une énorme douleur qui me fait hurler comme jamais. Il stoppe tout de suite l'injection et me demande un peu affolé ce qui m'arrive. Je reprends mon souffle et lui explique où et comment ça m'a fait mal. J’ajoute que la perf me fait souffrir depuis que l'on me l'a posé. J'en avais parlé à l'infirmier qui n'avait pas eu le temps de vérifier. Bref, il en déduit que ma veine a du péter et que le produit diffuse. C'est bien ma veine. Arf, comme c'est drôle. Mais pas la tête au rire à ce moment là. Je me remets doucement  pendant qu'il m'en pause une autre dans le pli du coude sur l'autre bras.
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Et je grelotte de plus en plus. Lorsque la séance reprend, j'ai un mal fou à rester parfaitement immobile. Le produit passe bien dans la veine ce coup ci, et ça n'est que désagréable. Lorsque tout est terminé, j'ai un moment de déroute avec l'impression que tout et en désordre en moi. Je pleure à chaude larme pendant quelques minutes, incapable de me retenir. Le mec est un peu emmerdé. Puis ça passe...  Je regrimpe sur le fauteuil roulant et il me remet au soleil. Il avait repéré que j'y étais bien. L'aide soignant me récupère, me ramène aux urgences et remarque que je n'ai pas très bonne mine. Je lui raconte dans l'ascenseur et ça me fait du bien.
Sur le brancard, emmitouflée dans ma couverture, j'attends les résultats écoutant les conversations des soignants puisque je suis dans la salle où est situé le bureau. Je n'ai pas une super tête
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Et j'attends. Le temps ne me semble même pas long, trop dans le coltar. L'aide soignant passe me voir dès qu'il peut et me fait un peu la conversation. Il est vraiment très gentil.
J'ai de longs moments de calme, mais régulièrement la douleur revient et je ne peux pas m'empêcher de grimacer. Il le voit, et me demande sur une échelle de un à dix à quel niveau je la situe. Sans hésiter, je lui réponds 8. Je le vois sortir puis l'entends en parler au médecin. Elle dit "oui, oui"  puis passe à autre chose. Il revient à la charge. Elle est à son bureau, lui au pied de mon lit. Bêtement, je ne peux m'empêcher de préciser que ce n'est pas tout le temps (c'est con l'honnêteté parfois), il me fait un petit signe de la main et un clin d’œil et renouvelle sa demande. Elle finit par donner des indications à l'infirmer pour qu'il me donne des d'anti-douleurs.  Ce n'est pas totalement efficace, mais cela me soulage un peu.
Puis, j'attends....
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Les résultats du scanner arrivent, elle ne comprend pas mieux. Tout ce qu'elle peut m'affirmer, c'est que ce n'est pas une pancréatite et qu'il me faudra faire une gastroscopie et me laisse en plan.
J'attends donc. Au bout d'une bonne heure (j'ai la pendule au-dessus de mon lit) je la choppe et lui demande quand se fera la gastroscopie. "Mais pas aujourd'hui! Nous sommes samedi et il n'y a personne. Vous la ferez dans la semaine, vous prendrez rendez-vous". Enchantée de l'apprendre. "Et j'attends quoi maintenant?" "Que les anti-douleurs aient fini de passer puis vous rentrez chez vous." Si je ne lui avais pas posé la question, elle aurait attendu quoi pour me le dire? J'ai juste le temps de phoner à Alain pour qu'il vienne me chercher.
Je me rhabille donc, très lentement, elle me fait une ordonnance d'anti-douleurs. Je verrais par la suite qu'elle n'est que pour 5 jours alors que ça fait un mois que ça dure.
Quand je sers la main de l'infirmer pour le remercier, une douleur fulgurante me traverse le ventre et je manque de tomber. L'infirmer insiste donc pour qu'elle me donne autre chose d'un peu plus efficace. Elle cède...
Je sors des urgences pour attendre Alain au soleil. L'attente me paraît longue, j'ai du mal à tenir debout. Mon médecin passe par-là par hasard il s'arrête donc. Je lui raconte brièvement, lui montre la lettre de l'urgentiste et son ordonnance. Il ne peut s'empêcher de s'exclamer :" Elle ne vous a donné que ça?"  Il fouille dans ses affaires, trouve une ordonnance et me prescris un autre médicament.
Depuis, j'ai beaucoup moins mal. Est-ce parce que je n'ai quasiment pas mangé depuis deux jours ou parce que l'un des médocs me fait de l'effet?  Je n'ai presque plus mal mais suis dans un état de fatigue que j'ai rarement connue. Je passe mon temps au lit, même si je ne dors pas. Je vais d'ailleurs y retourner très vite, écrire ce mot m'a littéralement épuisé (et encore, j'ai fait ça par étape).
Je suis rarement malade et ne connais que très peu le monde de l'hôpital ou de la clinique. C'est un peu pour cela que j'ai eu envie de vous narrer cette aventure. C'était aussi pour dire combien cette médecin, fidèle malheureusement à la tradition française ne prend en pas compte la souffrance du patient. Et enfin, c'était surtout pour rendre hommage à la gentillesse, la disponibilité, l'attention  du personnel soignant qui a un peu rééquilibré la carence de ce médecin. Envie de dire un merci spécial à Christian, "mon" aide soignant qui m'a bien aidé à passer cette longue journée.

Publié dans Au jour le jour

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Aude 10/08/2009 01:11

Comment vas tu maintenant? As tu eu des nouvelles, une explication pour ta douleur?Bon courage.Bisous fort!
Posté par Aude, 17 avril 2008 à 14:16

Luciole 10/08/2009 01:10

Peux pas mieux dire que le commentaire précédent ;-)
Posté par luciole, 08 avril 2008 à 21:34

Mafdét 10/08/2009 01:09

Courage.......
Très touché par ton recit ici dessus - Très touché aussi par la beauté de tes photos - Beauté ?? - Avec tant de douleur !!?? - Mais oui, parce que tu es une brave fille - Très courageuse - Et ces photos montrent que, même si tu fais, évidément, triste mine, il y a pendant ce temps là, une grande beauté affichée sur ta personne, qui a su rester digne malgré des circonstances douleureuses - Maintenant tu auras une periode de repos bien mérité - Parce que t'as vecu trop de soucis ces derniers temps - Parce que t'as fait trop de kilomètres de route chaque semaine pour gagner un salaire de misère - Maintenant c'est temps que tu penses à toi - Temps d'écouter les messages que ton corps t'envoie - Écouter l'imagination de ton bel esprit - Reposes-toi pour penser à ta création personnelle - Reposes-toi pour donner libre cours à ton imagination fulgurante - Pour donner libre cours à tout ce talent au fond de toi - Ce talent prêt a se lancer une fois que tu vas mieux - Et tu iras mieux - Parce que tu es une brave fille - Parce que tu es courageuse - Parce que tu es belle...........
Posté par Le MAFDéT, 07 avril 2008 à 01:01